La plupart des économistes sondés hier par Le Soleil ne s'attendent pas à une croissance fulgurante de l'économie québécoise d'ici la fin de 2013. Tout au plus, «une reprise modérée et modeste», soutient l'économiste en chef des services économiques de la Banque Royale, Craig Wright.
La Banque Royale prévoit ainsi que l'économie québécoise continuera d'afficher un profil de croissance de 1,6 % cette année et de 1,9 % l'an prochain. Des prévisions contrastant avec celles anticipées pour le Canada, dont le PIB réel devrait progresser cette année de 2,6 %.
Selon la Banque Royale, la production minière a modestement augmenté au Québec depuis le début de l'année, tout comme le secteur des services, alors que l'activité manufacturière a stagné.
Malgré la création de 60 000 emplois au cours des derniers mois, le marché du travail québécois demeure morose, signale également la RBC. «Les plus récentes données indiquent que les niveaux d'emplois ont à peine progressé, et le taux de chômage est un peu plus élevé que l'an dernier», a souligné M. Wright.
Les exportations
La remontée de l'économie américaine devrait toutefois sourire aux exportateurs québécois, note pour sa part l'économiste Marc Pinsonneault à la Financière Banque Nationale.
La Banque Nationale table sur une avancée de l'économie québécoise de 1,4 % cette année et de 2 % l'an prochain. L'économiste de la Nationale fait remarquer que les exportations québécoises ont progressé de 0,4 % en 2010 et de 2,8 % en 2011. Pour 2012, il s'attend à un bond de 5,4 % de la demande des produits d'exportation du Québec.
Le secteur de l'aérospatiale devrait d'ailleurs très bien s'en tirer cette année et l'an prochain. Le constructeur Bombardier, fort d'un nouveau contrat historique avec le transporteur NetJets qui pourrait atteindre 9,6 milliards$US pour la livraison de 275 avions de type Challenger, aura notamment un carnet de commandes bien garni au cours des prochaines années.
Au Mouvement Desjardins, on convient que l'économie québécoise a pris du mieux ces derniers mois avec un rebond du marché du travail. «Le Québec a ainsi récupéré la majorité des emplois perdus à la fin de 2011», précise l'économiste Hélène Bégin.
Or, malgré cette impulsion, Desjardins prévoit toujours que l'économie québécoise enregistrera une faible poussée de 1,4 % cette année et de 2 % en 2013.
Les nombreuses hausses de tarifs et de taxes imposées par le gouvernement Charest continueront d'avoir leurs effets au sein de l'économie québécoise. Desjardins estime à environ 4,1 milliards$ cette année les prélèvements additionnels perçus dans les poches des consommateurs québécois par le gouvernement du Québec, soit l'équivalent de 1 % des dépenses totales en consommation.
L'économiste de Desjardins convient également que les vents contraires qui soufflent en ce moment sur l'Europe seront à surveiller au cours des prochains mois. La Banque mondiale table d'ailleurs sur une croissance «faible» dans le monde en 2012, fragilisée notamment par la crise des dettes souveraines en zone euro.
La Banque mondiale prévoit que l'économie de la planète avancera de 2,5 %, soit 0,2 % de moins qu'en 2011.