Les Québécois affranchis de l'impôt quatre jours plus tard cette année

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La journée d'affranchissement de l'impôt marque le moment... (Photo: André Pichette, La Presse)

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La journée d'affranchissement de l'impôt marque le moment où la famille québécoise moyenne a gagné suffisamment d'argent pour payer les impôts prélevés par tous les ordres de gouvernement au cours de l'année.

Photo: André Pichette, La Presse

Marie-Pier Duplessis
Le Soleil

(Québec) C'était lundi que la moyenne des Canadiens pouvait considérer avoir terminé de payer leurs impôts de l'année, mais les Québécois devront attendre encore quelques jours pour dire de même, selon la plus récente étude sur l'affranchissement de l'impôt produite par l'Institut Fraser.

En effet, si tout l'argent des Canadiens gagné depuis le début de l'année avait servi à payer des taxes aux différents paliers de gouvernement, c'est depuis lundi seulement que les contribuables ont pu commencer à garder cet argent dans leurs poches, illustre le groupe de recherche établi à Vancouver.

Au Québec, toutefois, cette journée symbolique tombera officiellement le 17 juin, soit quatre jours plus tard que l'année dernière. «Les familles québécoises doivent supporter l'un des fardeaux fiscaux les plus lourds au pays. À titre de comparaison, la journée d'affranchissement de l'impôt arrive le 10 juin en Ontario, une semaine complète avant celle du Québec», observe Filip Palda, porte-parole de l'Institut Fraser à Montréal.

Au total, les Québécois paieront 1770 $ de plus en impôt que l'année précédente. Cela est causé en grande partie à l'augmentation de 1 % de la taxe de vente au Québec au 1er janvier 2012, qui entraîne à elle seule un paiement supplémentaire de 491 $. Pour le reste, l'Institut Fraser détermine que le Québec a augmenté ses redevances liées à l'exploitation du gaz naturel et au secteur minier, de même que la contribution au Fonds des services de santé. Globalement, la croissance de l'économie a également eu un impact partout au pays, les gens étant plus imposés en raison de la nature progressiste du système d'imposition.

Selon les calculs de l'Institut, la famille québécoise moyenne (composée de deux personnes ou plus) gagnera 82 090 $ en 2012. De ce montant, elle paiera 37 516 $ en impôts, ce qui équivaut à 45,7 % de son revenu total. Au Canada, ces chiffres atteignent plutôt 94 259 $ en revenus et 41 627 $ en taxes, soit une proportion de 44,2 %.

Selon Gilles Larin, titulaire de la Chaire de recherche en fiscalité et finances publiques à l'Université de Sherbrooke, «les gouvernements du Québec successifs ont toujours été plus en faveur des mesures sociales et de la redistribution de la richesse que les autres provinces du Canada».

La Belle Province a fait le choix de financer à partir de ses impôts des programmes sociaux «qu'aucune autre province ne considère qu'elle a le luxe de se payer», comme les garderies à 7 $ et le régime public d'assurance médicaments. Ce à quoi M. Palda répond que la présente étude n'est pas un commentaire sur la qualité des services, mais bien un portrait global de l'apport des contribuables au financement des dépenses gouvernementales.

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