«Et pourtant, c'est essentiel d'avoir des femmes d'affaires qui prennent la parole pour susciter l'intérêt des affaires chez de nouvelles entrepreneures», racontait jeudi soir Danielle Paquet, présidente régionale du Réseau des femmes d'affaires du Québec, qui compte 2000 membres dans la province.
«Il faut des histoires inspirantes pour amener les femmes à sortir de l'ombre», poursuivait-elle en expliquant les raisons pour choisir les quatre femmes personnalités d'affaires de Québec lors du gala où Élizabeth Bélanger de la Maison Orphée, Gertrude Bourdon, du CHUQ, Geneviève Marcon de GM Développement et Michèle Piuze d'Izba spa étaient honorées devant plus de 150 personnes.
Si les lauréates se sentaient toutes gratifiées par leur nomination, certaines étaient étonnées qu'on leur fasse tant d'honneur.
Gertrude Bourdon, directrice générale du CHUQ, ne se voyait pas comme une femme d'affaires, même si elle doit gérer un budget de plus de 600 millions$ et compter plus de 9000 employés sous ses ordres. Infirmière de formation, diplômée de l'École nationale d'administration publique, elle estime que son parcours pour gravir les échelons était pour le moins linéaire, même si ce sont les gens de son entourage qui la poussaient à toujours aller de l'avant.
Toutefois, elle affirme que sa priorité demeure d'être connectée avec les gens de la base de sorte qu'elle a mis en place un plan pour se rapprocher de ses employés pour savoir ce qui se passe sur le terrain. «C'est très nourrissant de rester en contact avec ceux qui vivent au quotidien ce qui se passe sur le terrain», affirmait-elle.
Geneviève Marcon était étonnée qu'on la considère comme un modèle inspirant pour les autres femmes d'affaires. À 44 ans, elle apprécie d'avoir pu concilier travail et famille dans son parcours professionnel tout en disant avoir réussi à atteindre ces années-ci l'équilibre qu'elle cherchait depuis le début de sa carrière.
Stimulée par les défis, elle est fière de ce qu'elle a accompli dans la relance du quartier Saint-Roch, bien qu'elle ne soit pas la seule entrepreneure à avoir mis la main à la pâte. «Il nous reste à densifier le quartier et à ajouter plus de projets résidentiels», avouait-elle en regardant l'avenir.
Pour Michèle Piuze, cet honneur arrive au bon moment, même si elle dit qu'elle n'a jamais été le genre d'entrepreneure à vouloir être à l'avant-scène.
Toujours dans le domaine de l'esthétique, elle a connu un mentor Léo Bissokov, lors de son séjour à Denver, au Colorado. C'est là qu'elle a appris le côté thérapeutique des spas Izba qu'elle a ramené à Québec. Pour elle, dans un monde qui mise sur les performances et la vitesse, avec un haut niveau de stress, les gens ont besoin de se faire gâter de sorte qu'elle ne s'inquiète pas pour l'avenir de son commerce.
De son côté, Élizabeth Bélanger disait qu'il était un peu tôt pour les honneurs, puisqu'elle commençait à peine sa carrière d'entrepreneure.
«Chez nous, la vedette, c'est la bouteille d'huile», affirmait-elle. Pourtant, elle admettait du même souffle qu'il fallait une bonne dose d'audace pour prendre, avec sa soeur, la relève de l'entreprise fondée par son père. Elle ne manque pas de projets pour amener de nouveaux produits et de nouvelles saveurs sur le marché, parle d'agrandissement, même d'une ferme pour aller plus loin dans l'offre commerciale de saveurs d'ici.