Achat de la Davie: un ancien du SCRS à la tête d'un groupe d'acquéreurs

Michel Juneau-Katsuya est à la tête d'un groupe... (Le Droit, Étienne Ranger)

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Michel Juneau-Katsuya est à la tête d'un groupe de gens d'affaires  souhaitant acquérir le chantier Davie.

Le Droit, Étienne Ranger

Pierre Pelchat
Le Soleil

(Québec) La nouvelle va en surprendre plusieurs. C'est un ancien agent de haut niveau du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) qui est à la tête du groupe de gens d'affaires du Québec souhaitant fortement acquérir le chantier maritime Davie, à la suite du retrait de SNC-Lavalin et du chantier ontarien Upper Lakes.

Michel Juneau-Katsuya est aussi bien connu pour commenter à la télé les attentats terroristes ou les risques pour la sécurité lors d'événements publics.

«Je n'ai pas la prétention de connaître la construction navale, mais j'apporte avec moi des contacts que j'ai avec des clients et des bailleurs de fonds pour relancer l'entreprise. J'ai aussi la capacité de rassembler des gens qui ont, eux, une expertise dans la construction navale», a-t-il affirmé, mardi, au cours d'une entrevue téléphonique avec Le Soleil.

«Mon expertise vient dans un premier temps de la sécurité maritime. J'ai beaucoup travaillé sur le plan de la sécurité maritime. Par la suite, j'ai accumulé une expertise dans le domaine international, au niveau du financement, des clients, des connaissances du marché. Je crois avoir en ma possession les outils nécessaires, l'équipe nécessaire tant sur le plan technique que sur le plan des clients pour procéder à une relance viable», a-t-il ajouté.

Banques intéressées

Comme nous l'indiquions le 17 mai, le groupe dirigé par M. Juneau-Katsuya a obtenu l'expression de l'intention de deux banques d'affaires de New York et de Toronto d'investir une somme de 400 millions $ dans la relance du chantier et le remboursement d'une partie des prêts consentis par le gouvernement fédéral pour la construction de trois navires initialement pour la compagnie norvégienne Cecon. «On leur a présenté notre vision et notre plan d'affaires, nos clients, et ils ont tout acheté ça», a-t-il dit.

Des armateurs grecs qui doivent renouveler leur flotte auraient démontré un intérêt pour commander plusieurs navires au groupe de gens d'affaires du Québec. Il est question de livrer 60 navires pour des clients européens d'ici sept ans et de construire 15 navires commerciaux pour une flotte québécoise en lien avec les développements miniers dans le Nord québécois.

«Nous avons des clients européens, nord-américains, du Proche-Orient. Nous voulons terminer les bateaux de Cecon à Lévis et construire les deux traversiers pour la Société des traversiers du Québec. Après, on veut faire du commercial, des bateaux en série. Il faut transformer la vision du chantier maritime qui s'est spécialisé à faire des bateaux en attendant les commandes du gouvernement fédéral ou des bateaux spécialisés», a dit l'expert en sécurité.

M. Juneau-Katsuya croit que l'activité au chantier lévisien reprendra graduellement l'automne prochain. «Notre objectif, c'est de commencer à bourdonner dès l'automne. Dans un premier temps, il faut terminer toutes les transactions nécessaires avec les gouvernements. Deuxièmement, il faut être en mesure de pouvoir remettre le chantier à niveau. Pour ce faire, il faut amener l'expertise de nos partenaires japonais, qui vont nous aider à évaluer le travail à faire. La mise à niveau pourrait sûrement prendre de quatre à six mois», a-t-il indiqué.

Il mise sur la collaboration du syndicat et des employés pour assurer la relance de l'entreprise. «Nous voulons être transparents avec les employés. J'ai donné l'assurance au syndicat qu'il y aura une place au conseil d'administration de l'entreprise pour un représentant des employés.»

M. Juneau-Kasuya prévoit rencontrer le ministre Sam Hamad ou ses représentants très prochainement pour discuter de son offre d'achat du chantier et de la relance de l'entreprise.

Par ailleurs, le groupe dirigé par M. Juneau-Katsuya entend conclure une entente avec une entreprise japonaise du domaine de la construction navale (IHI Marine United Co.) et la société Mitsubishi Heavy Industry en vue de bénéficier de leur savoir-faire et de leur technologie. On se propose d'acquérir un des logiciels (Aveva) les plus avancés dans le design et la gestion de la construction navale.

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