Papiers White Birch : 24 heures cruciales

Marie-Pier Duplessis
Le Soleil

(Québec) Renaud Gagné, vice-président national du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), tient à rassurer ses membres dans le dossier de Papiers White Birch à Québec, Rivière-du-Loup et Gatineau. Il n'est pas trop tard pour arriver à une entente d'ici demain, moment où le juge de la Cour supérieure Robert Mongeon devra trancher une fois de plus sur l'avenir de la papetière placée à l'abri de ses créanciers depuis plus de deux ans. Il faudra cependant travailler fort d'ici là.

Le syndic Ernst & Young a d'ailleurs recommandé, dans un rapport signé hier, que ce soit les parties prenantes qui puissent proposer une nouvelle échéance devant la cour, «à moins que les conditions pour une entente soient remplies ou renoncées».

Joint par Le Soleil, Renaud Gagné a fait valoir qu'il y avait toujours des tractations dans l'ensemble du dossier de Papiers White Birch. «Souvent, dans les dernières minutes, il y a des ficelles qui s'attachent et qui permettent de résoudre le dossier. Donc je ne suis pas en mesure de vous dire, au moment où on se parle, ce qui va être déposé comme rapport de notre côté [demain]», a-t-il dit.

M. Gagné a cependant réitéré la possibilité de relance à l'usine Stadacona de Québec, fermée depuis le 9 décembre. «Ce que l'employeur nous a indiqué à la table de négociation, c'est qu'il souhaitait être capable de faire une annonce pour une réouverture en juin. Son souhait, est-ce qu'il va se réaliser, est-ce qu'il va se confirmer? Moi, je pense que c'est à eux de venir nous dire devant le juge où ils en sont.»

Or, peu importe si la vente à Black Diamond se concrétise au tribunal demain ou non, le représentant syndical prédit déjà un «nouveau report automatique», l'acheteur ayant besoin de 60 jours supplémentaires pour les vérifications diligentes.

Du côté des 600 employés mis à pied dans la capitale, l'inquiétude se fait plus présente, surtout que leurs prestations d'assurance emploi tireront bientôt à leur fin. Si certains aimeraient voir leur usine repartir avec un autre joueur comme le groupe indien Kejriwal Papers, qui s'était montré intéressé à mettre la main sur les installations, Renaud Gagné soutient que Black Diamond demeure «l'option la plus rapide pour redémarrer l'usine, compte tenu de leur exclusivité d'achat».

Par ailleurs, Le Soleil apprenait hier que les retraités de Stadacona ont fait la demande pour interjeter appel dans une récente décision de la Cour supérieure. En avril, le juge Robert Mongeon avait rejeté leur requête visant à récupérer les sommes que l'entreprise ne verse plus au régime de retraite des employés. Il avait alors statué que les retraités n'étaient pas des créanciers prioritaires.

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