FTQ-construction: Québec en proie au maraudage

Arnold Guérin, président de la FTQ-Construction, Alain Huot,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Arnold Guérin, président de la FTQ-Construction, Alain Huot, représentant régional, et Yves Ouellet, directeur général

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Sophie Gall
Le Soleil

(Québec) La campagne de maraudage de la FTQ-Construction s'est déplacée hier à Québec, alors que le syndicat s'apprête, par l'intermédiaire du Bureau international du travail, à contester plusieurs points de la loi 33 adoptée en décembre dernier, qui régit le placement syndical.

Tout cela sur fond de requête en nullité de cette même loi, déposée hier par le Conseil provincial des métiers de la construction, deuxième joueur syndical de la construction après la FTQ-Construction.

Depuis le 1er mai, et ce, jusqu'au 3 juin, la FTQ-Construction tient sa campagne de maraudage et invite les travailleurs de la construction à se joindre à elle. Les travailleurs de la région de Québec ont été sollicités hier.

L'argumentaire de la première organisation syndicale de l'industrie de la construction se détaille en trois points: santé et sécurité du travail, sécurité du revenu, priorité à l'embauche régionale.

«La santé et la sécurité, pour nous, c'est pas négociable, on ne fera aucun compromis», a lancé Arnold Guérin, président de la FTQ-Construction, lors d'une conférence de presse. «À Québec, dans le dernier mois, il y a eu cinq gros accidents, dont deux mortels», a-t-il ajouté. Les travailleurs et les travailleuses de la construction représentent 5% de la main-d'oeuvre totale au Québec, mais subissent 25% des accidents mortels au travail.

Yves Ouellet a déclaré que la construction se porte bien en ce moment, puisque cette année, pas moins de 158 millions d'heures devraient être déclarées.

«Mais ça va baisser tôt ou tard», a-t-il laissé tomber.

«Dans les prochaines négociations, on proposera la création d'un fonds pour protéger les travailleurs. Il faut que le domaine reste attirant, il faut pouvoir donner un supplément aux travailleurs si besoin», a-t-il expliqué. Le fonds en question est vu par la FTQ-Construction comme un projet novateur qui fera en sorte que les plus jeunes continueront à vouloir faire carrière dans l'industrie.

Rôle de chien de garde

Alain Huot, représentant régional de la FTQ-Construction, a quant à lui parlé de l'embauche de la main-d'oeuvre locale. Il a mentionné que certains employeurs de l'extérieur mandatés pour faire des travaux dans la région tentent parfois de détourner les conventions collectives pour éviter d'embaucher les ouvriers locaux, une réalité qui nuit à l'économie de la région. Dans son communiqué, la FTQ-Construction assure qu'elle jouera le rôle de chien de garde dans ce dossier.

Une vidéo de campagne

Lors de la conférence de presse, la vidéo de campagne a été officiellement lancée. Elle s'adresse, bien entendu, aux travailleurs, mais aussi au grand public. En plus de présenter les arguments de la campagne de maraudage, la vidéo fait un bref retour sur les batailles menées et présente le volet social de l'organisation syndicale. «La FTQ-Construction a une image de gros bras», a concédé Arnold Guérin. Le syndicat a eu mauvaise presse lors de la fermeture de chantier et de problèmes d'intimidation l'automne dernier. Le président souhaite donc faire changer cette perception et redorer l'image de son organisation, qui, selon lui, n'a rien à se reprocher en ce qui a trait à la collusion et la corruption.

Et il en veut pour preuve, «dans le rapport Duchesneau, il n'y avait aucune ligne sur les syndicats». Pour M. Guérin, la loi 33 a servi au gouvernement pour détourner l'attention des problèmes soulevés par le rapport Duchesneau et à affaiblir la FTQ-Construction. Le syndicat contestera donc sous peu la loi 33 sur plusieurs points, dont le placement syndical et le protocole d'adoption des conventions collectives. Le scrutin syndical se tiendra du 4 au 25 juin et se fera par la poste pour la première fois, comme le prescrit la récente loi 33. Quelque 160 000 travailleurs seront invités à se prononcer sur leur allégeance syndicale.

Après le dernier scrutin (2009), 42,9% des travailleurs étaient représentés pas la FTQ-Construction, 26,1% par le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction, 14,1% par la Centrale des syndicats démocratiques, 10,6% par la CSN-Construction et 6,3% par le Syndicat québécois de la construction.

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