«Je ne peux pas dire au gouvernement quoi faire, mais au niveau de l'image qu'on projette actuellement, ça va devenir néfaste», a-t-il indiqué mardi en marge d'un dîner-conférence de la Chambre de commerce au Château Frontenac.
Le «timing», dit-il, n'est «vraiment pas bon» pour que soient diffusées à l'étranger des images d'une province où se multiplient les affrontements dans la rue et devant les institutions d'enseignement.
«La saison commence, c'est là que les Américains décident quand prendre leurs vacances», a expliqué M. April. Une réalité qui s'ajoute aux aléas économiques. «On a déjà une prise avec le dollar», a-t-il déploré.
M. April en appelle au règlement du conflit. «Il faut que ça cesse, oui, mais aussi que les images véhiculées actuellement soient beaucoup plus positives que ça.»
Et le fait que la majorité des manifestations se déroulent à Montréal ne change rien pour les touristes potentiels qui voient le Québec dans son ensemble, dit-il. «Ça se passe à Montréal, mais pour l'Américain, le touriste, ça fait pas de différence, estime-t-il. Actuellement, on est aussi entachés que Montréal.»
Le président de l'Office du tourisme nuance toutefois en avançant que la capitale ne souffre pas encore concrètement du conflit qui perdure depuis plus de trois mois. «Je veux être bien clair : dans notre carnet de commandes, on n'a pas eu d'annulations, tout va bien, dit-il. Mais il ne faut pas que ça s'éternise.»
600 000 $ pour la navette
M. April était mardi devant les membres de la Chambre de commerce pour rappeler les grandes lignes de la stratégie touristique de Québec. Il a notamment fait part de la volonté de Québec de valoriser l'hiver et le fleuve hivernal et de capitaliser sur la facilité à se déplacer dans la ville. Sur ce plan, M. April a indiqué que le souhait de doter l'aéroport de Québec d'une navette vers les hôtels de Sainte-Foy et du centre-ville est toujours dans la mire pour l'an prochain. Reste le financement à trouver pour ce projet évalué à 600000 $.
«Il va falloir le supporter, l'objectif est d'arriver fin 2012 avec les partenaires financiers.» Or, si un tel service est jugé essentiel par tous les commerçants et hôteliers de la région, trouver l'argent est moins facile, reconnaît M. April.
«Tout le monde le veut, mais pas grand-monde veut payer à date. C'est ça le problème.»