Selon l'analyse que fait Louis Gagnon, économiste principale de Québec International, «les chiffres d'aujourd'hui mettent en évidence la bonne vitalité économique de Québec. Le taux de chômage demeure près de la barre des 5%, en raison d'un accroissement de l'emploi (+6,6%) supérieur à celui de la population active (+4,7%). Les taux d'activité et d'emploi affichent des niveaux historiquement élevés, soient respectivement 71,2% et 67,6% en avril. Québec se positionne ainsi au premier rang au Québec et parmi les meilleures au Canada».
À son avis, ce bon début d'année augure bien pour la région, et les statistiques correspondent à un sondage auprès des entrepreneurs rendu public en début d'année. «Les entrepreneurs sondés, dit-il, signifiaient, dans une proportion de 69%, prévoir faire des embauches en 2012.»
Toutefois, il amène la nuance que la région n'est pas immunisée contre les bouleversements affectant l'économie mondiale, mais que cette bonne performance ce printemps «est donc l'occasion de se prémunir contre une période encore incertaine».
Les données de Statistique Canada montrent que la région comptait 433500 travailleurs en avril, soit une augmentation de 26900 par rapport à la même période en 2011. M. Gagnon note que deux autres régions métropolitaines affichaient une performance aussi remarquée: Vancouver (+39 600) et Calgary (+28 600).
La province progresse
Au Québec, l'emploi a progressé pour un deuxième mois consécutif, en hausse de 23000 en avril, indique Statistique Canada. Le taux de chômage s'est établi à 8,0%.
Depuis le début de l'année 2012, il s'est créé 140000 emplois au Canada, 69400 au Québec et 27000 en Ontario.
Pour Joëlle Noreau, économiste principale chez Desjardins, cette «hausse au Québec constitue un rattrapage par rapport aux 61 000 postes perdus d'octobre à décembre 2011. La très grande majorité des gains canadiens dans la construction (24 600) en avril sont répertoriés au Québec (21900). De même, un peu plus de 50% des gains dans le secteur manufacturier au Canada (+23 800) sont attribuables au Québec (+13 200).»
Malgré les signes encourageants, elle note aussi que la croissance mondiale donne des signes d'essoufflement, ce qui pourrait bien affecter le marché du travail canadien dans un avenir rapproché. Il pourrait donc y avoir mouvement de valse-hésitation pour le marché du travail dans les prochains mois.
Pour Marie-Claude Guillotte, économiste à la Banque Laurentienne, avec la très forte création d'emploi dans le secteur privé ces derniers mois, «il est maintenant évident que le flambeau de la croissance économique est passé des mains du secteur public à celles du secteur privé».
Hausse notable au Canada
Sur le plan canadien, l'emploi a progressé de 58 000, essentiellement dans le travail à temps plein. «Il s'agit du deuxième mois d'affilée marqué par une hausse notable, après quatre mois de peu de variation, note Statistique Canada. Le nombre accru de personnes à la recherche de travail a entraîné une augmentation de 0,1 point de pourcentage du taux de chômage, celui-ci passant à 7,3%.»
La progression de l'emploi en avril a eu lieu essentiellement dans le secteur des biens, des hausses ayant été observées dans la construction, la fabrication, les ressources naturelles et l'agriculture. Pour ce qui est du secteur des services, l'emploi a augmenté dans les services d'enseignement, alors qu'il a diminué dans les administrations publiques.