La rentabilité à portée de main pour Robotiq

Samuel Bouchard montre la version simplifiée de la... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Samuel Bouchard montre la version simplifiée de la main programmable de Robotiq, pourtant aussi sensible que le modèle plus sophistiqué commercialisé depuis un an, qu'on voit à gauche.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Louis Tanguay

Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Le lancement, ces prochaines semaines, d'une version simplifiée de sa main intelligente permet maintenant à Robotiq de viser la rentabilité au cours des 18 prochains mois.

Fondée en 2008 pour commercialiser une main robotisée issue du laboratoire de robotique du professeur Clément Gosselin à l'Université Laval, la jeune entreprise de Lévis compte une dizaine d'employés, mais continue à vivre davantage grâce à des contributions financières publiques et privées qu'aux ventes de son premier produit.

Le financement est venu initialement de l'Université, de la Société de valorisation des applications de recherche (SOVAR), du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation et des trois actionnaires principaux.

Parmi eux, le président Samuel Bouchard prévoit doubler les ventes de la compagnie grâce au nouveau produit, plus facile à programmer, mais doté de la même sensibilité pour environ le tiers du prix de la main originale.

La rentabilité est le prochain objectif de l'équipe de direction.

En entrevue au Soleil, il a confirmé que cet outil est présentement soumis à des tests avec les ingénieurs de Caterpillar, le plus grand fabricant mondial d'équipements lourds.

La nouvelle pince sera bientôt présentée à une conférence internationale sur la robotique et l'automatisation aux États-Unis.

De plus, à la fin du mois, dans une grande foire spécialisée en Allemagne, deux fabricants de robots et un centre de recherche auront en démonstration le périphérique de Robotiq.

Le développement du produit se poursuit aussi avec d'autres partenaires, dont une très grande société de produits de consommation que M. Bouchard n'a pas le droit de nommer.

Il explique que la mécanique, l'électronique et le logiciel sont les trois aspects à combiner pour créer un périphérique de robot. «Notre école de pensée, dit-il, est celle qui place les éléments mécaniques au point de départ.» Le contrôle informatisé doit être adapté au potentiel mécanique.

L'usinage des pièces et le montage des circuits électroniques sont confiés à des sous-traitants québécois, même si certains moteurs et autres composantes sont importés. La programmation des logiciels et l'assemblage final des produits sont effectués dans les locaux mêmes de Robotiq à Saint-Nicolas.

Marché porteur

Le défi de l'entreprise est de grossir le bassin d'entreprises capables de rentabiliser leur investissement en équipements robotisés. C'est pourquoi l'équipe de Robotiq a développé une solution plus universelle que celles qui permettent un nombre limité d'opérations.

Par exemple, un client ontarien spécialisé dans les pièces d'automobile en métal utilise la nouvelle main pour effectuer 30 tâches différentes au lieu d'une seule.

La durée de vie de chaque élément manipulé est de plus en plus courte, d'où l'importance de pouvoir reprogrammer facilement les fonctions demandées à l'appareil.

Le marché de la robotique, très déterminé par l'évolution des entreprises manufacturières, a fortement subi les contrecoups de la crise financière en 2009.

Beaucoup de potentiel a aussi été établi en dehors des usines, mais, dans le secteur manufacturier, M. Bouchard cite une étude montrant que 90 % des entreprises qui pourraient améliorer leur productivité en confiant certaines tâches à des robots ne le font pas encore.

À cause d'un manque de main-d'oeuvre spécialisée, 40 % des entreprises manufacturières américaines sont obligées de refuser des contrats. Malgré un taux de chômage élevé, on dénombre 600 000 postes non pourvus aux États-Unis. Au Québec, 50 000 soudeurs quittent le marché du travail pour 25 000 qui y entrent.

Autrement dit, le vieillissement de la main-d'oeuvre impose une tendance lourde, favorable à la niche «intelligence mécanique» dans laquelle Robotiq s'installe.

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