La réouverture de l'usine Stadacona repoussée

Le processus menant à la réouverture de l'usine Stadacona s'avère plus complexe... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

Pierre Couture
Le Soleil

(Québec) Le processus menant à la réouverture de l'usine Stadacona s'avère plus complexe que prévu. La direction de Papiers White Birch refuse de fournitr une date précise et exige davantage de temps. Le contrôleur Ernst&Young demande ainsi un nouveau délai (jusqu'au 15 juin) à la Cour supérieure du Québec pour protéger Papiers White Birch de ses créanciers.

 

 

 

 

Dans le rapport du contrôleur (dont Le Soleil a obtenu copie) qui sera déposé demain matin devant le juge Robert Mongeon de la Cour supérieure du Québec à Montréal, on peut notamment lire que la direction de la papetière a fait preuve d'un «trop-plein d'optimisme» le mois dernier quant à une réouverture rapide de son usine de Québec. Les négociations avec la Ville de Québec, le gouvernement Charest et la Régie des rentes avancent, mais s'avèrent plus longues qu'anticipées, peut-on notamment lire.

Chemin faisant, écrit le contrôleur Martin Rosenthal d'Ernst&Young, les retards occasionnés par ces nouveaux délais «pourraient diminuer la probabilité de la réouverture de l'usine».

Lors de sa dernière demande devant le juge Mongeon, la direction de Papiers White Birch disait pourtant pouvoir s'entendre rapidement avec le gouvernement du Québec, la Ville de Québec, la Régie des rentes et Industrie Canada afin de rouvrir son usine de Québec, fermée depuis le 9 décembre dernier. Les négociations avec la Ville de Québec seraient particulièrement difficiles. L'administration du maire Labeaume démontrerait peu d'ouverture pour accorder une aide financière directe à Papiers White Birch.

Papiers White Birch chercherait à faire passer la facture annuelle de vapeur de l'usine Stadacona de 10 à 5 millions$. La papetière achète de la vapeur en provenance de l'incinérateur de Québec.

Les pourparlers avec le gouvernement du Québec seraient de leur côté avancés, bien qu'aucune entente ne soit encore intervenue.

Selon certaines sources, en retour d'un investissement d'environ 100 millions$ de Papiers White Birch et du fonds d'investissement Black Diamond, le gouvernement du Québec serait prêt à allonger un prêt d'environ 50 millions$ sans intérêt remboursable sur une période de 10 ans.

Québec exigerait toutefois que les activités de l'usine de Québec soient diversifiées. En ce sens, l'aide financière gouvernementale servirait notamment à moderniser la machinerie de l'usine de Québec afin d'orienter la production vers des papiers dits de spécialité. Pour rouvrir l'usine Stadacona, Papiers White Birch exige notamment la terminaison des régimes de retraite de ses employés, dont le déficit s'élève à environ 400 millions$.

Papiers White Birch, qui est placée sous la Loi des arrangements avec les créanciers des compagnies depuis février 2010, traîne toujours des mauvaises créances de plus de 900 millions$. Si tout se déroule comme prévu, la papetière sera vendue au fonds d'investissement américain Black Diamond pour 150 millions$.

Au Québec, Papiers White Birch possède des usines à Québec (Stadacona), à Rivière-du-Loup (F.F. Soucy) et à Gatineau et emploie en ce moment 400 travailleurs.

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