Gaz Métro tient à Rabaska

Gaz Métro et ses partenaires pourraient construire un... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Gaz Métro et ses partenaires pourraient construire un terminal à Lévis pour ensuite revendre du gaz naturel liquéfié un peu partout en Europe et en Asie, là où la demande est très importante et les prix élevés, selon Pierre-Olivier Pineau, professeur spécialiste des questions énergétiques à HEC Montréal.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

(Québec) Tel un phénix, le projet Rabaska pourrait bien renaître de ses cendres plus vite que prévu. Gaz Métro refuse toujours d'enterrer son projet de construire un terminal de gaz naturel à Lévis.

«C'est l'as dans notre jeu. Il y a eu beaucoup trop d'efforts de déployés pour que nous abandonnions ce projet», a soutenu hier la porte-parole de Gaz Métro, Stéphanie Trudeau.

Pourtant, les années passent et se ressemblent pour les trois partenaires (Gaz Métro, Enbridge et Gaz de France) dans l'aventure Rabaska. Un projet de 800 millions$ qui visait à construire un terminal pouvant faire accoster des navires remplis de gaz naturel liquéfié en provenance de l'étranger à Lévis.

Après avoir remué ciel et terre et reçu toutes les autorisations environnementales en 2008, la construction du terminal n'a jamais eu lieu. La raison: Gaz Métro et ses partenaires n'ont jamais été capables de signer une entente d'approvisionnement ferme en gaz naturel.

En 2008, Gaz Métro négociait avec plusieurs producteurs étrangers alors que le millier de pieds cubes de gaz naturel se négociait autour de 10$US en Amérique du Nord et de 13$ en Europe. Certains analystes avançaient même que le prix du gaz allait grimper en Amérique du Nord au cours des prochaines années.

Or, c'est plutôt le contraire qui s'est produit. Le prix du gaz naturel nord-américain a chuté de façon draconienne ces dernières années, passant de 10$US à environ 2$US les 1000 pieds cubes ces temps-ci.

La découverte de nouveaux gisements de gaz naturel issus notamment des schistes de la Pennsylvanie, de l'Ohio et du Texas a permis d'inonder le marché nord-américain. Conséquence: les cours du gaz naturel sont à leur plus bas depuis 10 ans.

Un terminal d'exportation

Les abondantes réserves de gaz naturel en Amérique du Nord pourraient toutefois sourire à Gaz Métro (et à ses partenaires) si l'entreprise décidait d'exporter le précieux combustible outre-mer.

«C'est un scénario certainement envisageable à plus long terme. Cela pourrait même s'avérer très rentable», pense le professeur spécialiste des questions énergétiques à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau.

Selon ce dernier, Gaz Métro et ses partenaires pourraient construire un terminal à Lévis pour ensuite revendre du gaz naturel liquéfié un peu partout en Europe et en Asie, là où la demande est très importante et les prix, élevés.

Chez Gaz Métro, on est toutefois loin d'évoquer aussi clairement ce scénario. «Les autorisations gouvernementales que nous avons obtenues parlent d'un terminal d'importation et non d'exportation de gaz naturel», a précisé la porte-parole du distributeur gazier.

N'empêche. Pour le professeur Pineau, les énormes gisements de schistes aux États-Unis et éventuellement au Québec pourraient ouvrir la porte à l'exportation de gaz naturel à partir de Lévis. Et le terminal Rabaska serait avantageusement positionné avec son accès à l'océan Atlantique par le fleuve Saint-Laurent.

Intérêts grandissants

Plusieurs importants distributeurs de gaz naturel européens étudient d'ailleurs la possibilité de s'approvisionner en gaz naturel en Amérique du Nord en raison de la faiblesse des cours par rapport aux prix payés en Europe et en Asie.

Partenaire dans le projet Rabaska, le distributeur français Gaz de France-Suez dit sérieusement envisager cette option pour le long terme. «Les tickets de production sont extrêmement chers en Amérique du Nord. Or, ce qu'on pourrait regarder éventuellement, c'est l'aval, c'est-à-dire la liquéfaction et l'exportation», a souligné hier le directeur adjoint chez GDF-Suez Jean-Marie Dauger à l'Agence France-Presse en marge d'une conférence sur l'énergie à Paris.

Le directeur de GDF-Suez a toutefois reconnu que les calculs ne sont toutefois pas faciles alors qu'il faut se faire une idée sur le prix du gaz naturel en Amérique du Nord au cours des 15 prochaines années et le comparer avec ce que sera alors le prix en Europe et en Asie.

Actuellement, le prix du gaz naturel en Europe se vend trois plus cher que celui en Amérique du Nord.

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