Les groupes Mayar-Adonis et Kejriwal Paper sont deux poids lourds dans le secteur des pâtes et papiers. Le groupe Mayar est un client de longue date de Papiers White Birch. Il aurait d'ailleurs une longueur d'avance dans les négociations, ayant été approché par le fonds d'investissement Black Diamond, qui est associé à la famille Brant, propriétaire de l'usine Stadacona.
«Mes objectifs sont pas mal tous rencontrés. De créer une situation de confrontation, tout ce que ça va faire, c'est que ça va bénéficier à la famille Brant», a indiqué André Sarasin, samedi, au Soleil. Celui-ci croit également que cette «confrontation» ferait monter les enchères entre les deux groupes, de sorte qu'«il va en rester moins pour celui qui va gagner, pour qu'il puisse [régler] les autres problèmes».
«C'est jamais de bon augure si vous avez deux asiatiques du même pays, c'est jamais bon. C'est pas comme ça qu'ils opèrent là-bas, ils se protègent beaucoup plus que par ici», avertit M. Sarasin.
Le gestionnaire dit s'être impliqué dans la relance en vue de deux objectifs bien clairs. Il voulait d'abord que l'usine reprenne ses activités. «Là, ils sont en train de la repartir», note-t-il. Les nouvelles conditions de travail devaient aussi être bonifiées pour que les fonds de pension des retraités soient revues à la hausse et que «les gens qui sont actifs aient un meilleur traitement». «Ça, c'est en train d'être discuté», glisse-t-il.
«C'est ça qu'il manque pour compléter le dossier. Les gens en discutent, ce qui est toujours une bonne affaire. Parce que quand ils n'en discutent plus, c'est fini», ajoute-t-il.
Laisser la place
Si M. Sarasin a travaillé de concert avec les investisseurs du groupe Kejriwal, et qu'il les a même rencontrés à Québec, il estime que les négociations ne sont plus de son ressort. «J'ai accompli ma tâche, je trouve que j'ai fait mon possible. Et puis je me retire pour laisser la place à ceux qui sont vraiment dans la situation.»
«J'avais pas de contrat avec personne, j'étais indépendant dans tout ça. Il y a des gens qui sont venus me voir. J'ai essayé de répondre à leurs attentes, de favoriser les choses, c'est à eux autres de continuer», poursuit-il, en précisant qu'au moment où Kejriwal l'a approché, il ignorait que le rival Mayar-Adonis était dans les plans de Papiers White Birch.
Pour l'ancien chef d'exploitation de la papetière Daishowa, il est «évident» que Mayar-Adonis ne cherchera pas à concurrencer les deux autres usines de Papiers White Birch, situées à Rivière-du-Loup et Gatineau. «S'ils ne font pas ça, il n'y a plus de logique», lance-t-il. À titre d'exemple, l'usine Gaspésia de Chandler avait été vendue à condition, dit-il, que le nouvel acquéreur vietnamien ne produise plus de papier journal.
La vente à l'un ou l'autre des deux groupes indiens permettrait à Papiers White Birch de trouver une niche encore inexploitée à l'extérieur du marché nord-américain, renchérit-il.
Même s'il s'éloigne des tractations, André Sarasin n'abandonne pas pour autant les 600 travailleurs de l'usine Stadacona. «Je reste toujours disponible, c'est ça l'astuce. Si quelqu'un - peut-être parmi ces gens-là ou d'autres - pense avoir des bonnes idées qui pourraient survenir un jour, et qu'ils veulent que je les aide, ben je vais les aider.
«Je pense que j'ai gagné un point, c'est que l'usine ne restera pas fermée. Puis, il y a des gens qui sont intéressés. Si on se rappelle il y a deux mois, où on était rendus...» achève-t-il.