Ainsi, le taux de chômage pour le trimestre s'établit à 5,1%, alors qu'il était à 6,4% pour la même période l'an dernier.
La province de Québec a connu aussi en mars une forte croissance avec la création de 36 400 emplois, soit la plus forte augmentation depuis juin 2005. Le taux de chômage est passé de 8,4% en février à 7,9%.
Pour l'ensemble du Canada, ce sont 82 000 nouveaux emplois en mars, soit six fois plus que les prévisions. C'est ce qui fait reculer le taux de chômage de 7,4% à 7,2% par rapport à février, indique Statistique Canada dans son enquête sur la population active.
Selon l'économiste Louis Gagnon de Québec International, «la bonne tenue de l'emploi dans la région de Québec provient essentiellement du secteur des services. La création d'emplois a été plus calme du côté de la construction en raison d'un moins grand nombre de nouveaux chantiers».
À son avis, les données actuelles sont de bon augure pour les mois à venir, car des «chantiers en cours devraient entrer dans leur période de pointe d'ici la fin du printemps, comme celui de la tour Jules-Dallaire par exemple. Du côté des projets routiers, ils reprendront progressivement, comme celui sur le boulevard Robert-Bourassa, relançant ainsi le besoin de travailleurs dans la construction et les emplois connexes».
Secteur manufacturier
La reprise se fait encore attendre dans le secteur manufacturier, en raison de la faible reprise aux États-Unis. Cependant, les entreprises qui ont diversifié leur marché en vendant ailleurs au Canada et au Québec semblent mieux s'en tirer. Les entreprises qui ont visé l'exportation vers l'Europe sont soumises aux aléas d'une possible récession alors que la croissance des marchés asiatiques pourrait être moins importante que prévu.
«Il y a moins de grands joueurs dans le secteur manufacturier, mais plusieurs petites entreprises plus spécialisées qui sont capables de s'ajuster plus rapidement à la concurrence et aux fluctuations du marché, poursuit-il. On devrait voir des signes encourageants l'an prochain. Et il ne faut pas oublier qu'il y a encore une bonne demande pour des employés qualifiés.»
Dans la Chaudière-Appalaches, il croit que les dirigeants de plusieurs entreprises prêtes à passer le flambeau à d'autres propriétaires sont moins pressés d'investir pour assurer une certaine croissance.
Toutefois, il estime que la croissance de l'emploi dans le secteur des services sera à surveiller. De même, la diminution du nombre de postes dans l'administration publique pourrait avoir des effets négatifs et elle pourrait s'amplifier avec les réductions récentes d'effectifs annoncées par le gouvernement fédéral.
De son côté, Benoit P. Durocher, économiste chez Desjardins, souligne que les résultats de mars ont déjoué les pronostics les plus optimistes pour l'ensemble du Canada. Cette forte hausse de l'emploi «vient contrebalancer les résultats mitigés obtenus au cours des derniers mois».
Au Québec
Quant à la situation au Québec, il note que la forte hausse de l'emploi en mars a permis d'effacer une bonne partie des 61 000 postes perdus l'automne dernier. Par contre, «le fait que le Québec, l'Ontario et le Manitoba se retrouvent au coeur du rebond de l'emploi en mars est toutefois une coïncidence qui amène à la prudence. Dans ces conditions, il faut analyser les résultats du mois de mars avec précaution», ajoute-t-il.
L'économiste Matthieu Arsenault de la Banque Nationale précise que les emplois créés au Canada sont pour la plupart des emplois à temps plein et dans le secteur privé. À son avis, le rapport sur l'emploi publié jeudi concorde avec un scénario qui amènera la Banque du Canada à réviser à la hausse ses prévisions de croissance dans son prochain rapport sur la politique monétaire le 18 avril.
Enfin, Statistique Canada mentionne que l'emploi a augmenté chez les 55 ans et plus et chez les jeunes, alors qu'il a peu varié chez les personnes de 25 à 54 ans.