AEterna Zentaris: l'échec du produit vedette fait plonger l'action de 65%

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AEterna Zentaris avait déjà conclu des ententes avec des partenaires aux États-Unis, au Japon et en Corée pour la commercialisation de la perifosine.

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Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Lundi matin, à la première heure, le verdict est tombé comme une tonne de briques sur AEterna Zentaris. Son produit vedette - la perifosine - pour traiter les patients atteints du cancer du côlon a raté la cible. L'ultime étude de phase trois réalisée auprès de 468 personnes aux États-Unis a démontré que l'effet de l'agent anticancéreux n'était pas supérieur à celui d'un placebo pour améliorer la survie générale des patients.

La mauvaise nouvelle a immédiatement fait piquer une plonge spectaculaire au titre de la biotech de Québec. À la fermeture de la Bourse de Toronto, lundi, la valeur de l'action d'AEterna Zentaris (TSX : AEZ) avait dégringolé de 66 %, passant de 1,43 $ à 0,71 $.

«Nous sommes tristes et déçus par la tournure des événements», a déclaré, lundi matin, le président et chef de la direction d'AEterna Zentaris, le docteur Juergen Engel, au cours d'une brève conférence téléphonique. «Pas seulement pour notre compagnie et pour nos actionnaires, mais aussi pour les milliers de patients se trouvant en phase terminale et pour lesquels il ne reste malheureusement pas d'option.»

Combinée à un autre médicament - le Xeloda -, la perifosine visait à permettre de prolonger d'un minimum de deux mois la vie d'une personne atteinte d'un cancer colorectal métastatique avancé qui a épuisé toutes les options de traitement. AEterna Zentaris avait déjà conclu des ententes avec des partenaires aux États-Unis, au Japon et en Corée pour la commercialisation de la perifosine.

Le docteur Engel a déclaré qu'en dépit de ce revers, la compagnie comptait sur un portefeuille de produits fort prometteurs. De plus, elle avait dans ses coffres, au 31 décembre dernier, une somme de 46,9 millions$US, «ce qui est suffisant pour poursuivre le développement de nos produits pour les 12 prochains mois», a-t-il assuré.

Ce n'est pas la première fois qu'un produit d'AEterna Zentaris subit un tel sort au terme d'un long marathon de R et D et d'études cliniques. Ce fut le cas, en 2009, avec le cetrorelix, pour traiter le grossissement bénin de la prostate. La société avait aussi mordu la poussière, en 2003, avec le neovastat, un produit anticancer fabriqué à base de cartilage de requins.

Par contre, la biotech fondée par Éric et Luc Dupont avait remporté son pari avec le Cetrotide, un produit administré aux femmes pour prévenir l'ovulation prématurée de façon à augmenter le taux de succès de fertilité, qui est vendu dans plusieurs pays et dont les ventes ont dépassé les 40 millions $US.

Tout n'est pas perdu

Le 20 mars, devant les membres de la Chambre d'industrie et de commerce de Québec, Éric Dupont disait fonder beaucoup d'espoir dans l'éventuelle commercialisation de la perifosine.

«Si ça réussit, ça sera sans doute la plus grande découverte en cancer de l'histoire au Canada. Aussi grande que celle faite, dans les années 80, par Fernard Labrie et André Dupont sur le cancer de la prostate avec la thérapie hormonale», affirmait-il en prenant bien soin d'informer l'auditoire que les chances que la perifosine se retrouve sur les tablettes des pharmacies étaient de 50 %.

Pour chaque tranche de 8000 à 10 000 découvertes, un seul médicament sera commercialisé, révèlent les statistiques.

Dans une entrevue accordée au Soleil en octobre, le premier vice-président et chef de la direction financière d'AEterna Zentaris mentionnait que la compagnie et ses partenaires avaient investi près de 60 millions $ au cours des dernières années pour développer le composé anticancéreux oral. Pour la dernière phase clinique, celle de phase trois, le principal partenaire d'AEterna Zentaris, Keryk Biopharmaceuticals, a injecté pas moins de 15 millions $US.

Au cours des prochaines semaines, AEterna Zentaris et ses partenaires détermineront la stratégie future de développement pour la perifosine.

La molécule fait aussi l'objet de travaux pour le traitement du cancer du sang et d'autres formes de cancer.

Par ailleurs, la compagnie possède une riche librairie regroupant pas moins de 120 000 composés différents. Dans son pipeline, une dizaine de produits se suivent dans les différentes étapes de développement.

L'étude de phase trois étant terminée depuis août 2011, AEterna Zentaris entend bientôt déposer une demande de commercialisation auprès des autorités réglementaires au sujet de l'AEZS-130, un test diagnostique qui permet de détecter si un individu éprouve des difficultés à produire des hormones de croissance.

Elle mise aussi sur la molécule AEZS-108 pour le traitement du cancer avancé de l'endomètre. L'étude de phase trois devrait débuter au cours des prochains mois.

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