Des sous noirs qui valent leur pesant... de cuivre

La loi canadienne interdit de faire fondre la... (Photo La Presse Canadienne)

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La loi canadienne interdit de faire fondre la monnaie pour récupérer le métal.

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Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) La décision du gouvernement canadien de cesser de frapper des pièces d'un cent a ravivé l'intérêt pour le «sou noir». Des collectionneurs sont à la recherche de pièces rares, mais d'autres s'intéressent davantage à la valeur du métal dont sont fabriquées les pièces.

Depuis six mois, Sylvain (nom fictif), un résidant de Québec, s'est découvert un nouveau passe-temps. Il se présente à la banque pour acheter des paquets de rouleaux de sous noirs, parfois jusqu'à 25 $. Une fois chez lui, il les trie.

«En six mois, j'ai accumulé 150 livres de sous noirs que j'ai triés, soit environ 30 000 pièces. J'ai calculé que la valeur du métal de ces pièces est de 600 $, alors que leur valeur nominale n'est que de 300 $», explique-t-il.

Ce sont les pièces frappées avant 1996, faites de 95 % à 98 % de cuivre, qui expliquent cette différence. Alors que la livre de cuivre se négocie 3,81 $, le métal contenu dans une pièce d'un cent frappée de 1982 à 1996 vaut un peu plus de deux cents. Pour les pièces un peu plus lourdes frappées de 1920 à 1979, on parle même de plus de deux cents et demi. Quant aux pièces en acier fabriquées depuis 2000, Sylvain les retourne tout simplement... à une autre banque.

Jusqu'à 60 %

«Dans une bonne batch, j'ai environ 60 % de pièces de cuivre et dans une mauvaise, 40 %. Parfois j'obtiens des rouleaux qui ne contiennent que des pièces de cuivre», ajoute celui qui voit son passe-temps comme un investissement.

«J'appelle ça ma réserve stratégique de cuivre. C'est un investissement sans risque, car les pièces ne perdent jamais leur valeur. Elles vaudront toujours au moins un cent, mais elles peuvent valoir plus», poursuit-il, ne sachant toutefois pas encore ce qu'il fera de ces montagnes de sous noirs.

«La loi canadienne est stricte: il est interdit de faire fondre de la monnaie pour récupérer le métal. Les ferrailleurs refuseront également d'en acheter. Cependant, ça pourrait changer si, suite à l'élimination des pièces d'un cent, le gouvernement décidait éventuellement d'éliminer les restrictions sur la fonte», fait-il remarquer.

Exportation

Sur Internet, des utilisateurs de forums américains mentionnent qu'ils achètent des pièces d'un cent canadiennes et les vendent à des ferrailleurs américains, qui les font fondre pour récupérer le cuivre. La procédure ne serait pas illégale, puisque les lois canadiennes ne s'appliquent pas aux États-Unis et qu'aucune loi n'interdit d'exporter la monnaie canadienne pour la faire fondre outre frontière.

«J'ai lu que certains le faisaient, mais c'est peut-être limite. Est-ce que le gouvernement canadien pourrait quand même poursuivre un Canadien qui ferait ça? J'aimerais bien le savoir! Quelqu'un pourrait aussi acheter une déchiqueteuse industrielle qui peut déchiqueter le métal et obtenir de la poudre de cuivre que les ferrailleurs accepteraient probablement d'acheter, ne sachant pas qu'il s'agissait auparavant de monnaie», indique Sylvain.

Aux États-Unis, où les pièces d'un cent étaient faites à 95 % de cuivre jusqu'en 1982, le gouvernement a voté en 2006 une loi interdisant de faire fondre la monnaie et interdisant également de l'exporter dans le but de la faire fondre.

Ceux qui enfreignent la loi sont sujets à des amendes pouvant aller jusqu'à 10 000 $ et à des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison.

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