«Nous voulons renforcer notre présence auprès des entreprises, des entrepreneurs et de leur famille», a affirmé la présidente et chef de la direction.
La croissance est pour elle une condition de la poursuite des autres engagements prioritaires envers la coopération, le développement des personnes et envers les services aux membres et clients.
La croissance, dit-elle, permet de «dégager des marges de manoeuvre et ainsi faire face à des concurrents de plus en plus nombreux et imposants» et d'offrir des services à moindre coût.
Devant les journalistes, la présidente a aussi soutenu que le Plan Nord est porteur d'occasions d'affaires pour les entreprises d'ici et pour les communautés. Desjardins doit, à son avis, «accompagner» leurs initiatives.
Reprenant le thème de l'éducation financière et coopérative longuement développé l'an dernier, Mme Leroux a annoncé pour l'automne une importante campagne de sensibilisation des 45-65 ans à la préparation de leur retraite.
L'Indice Desjardins de finances personnelles, lancé l'automne dernier, a permis de dresser un portrait peu reluisant à son avis du comportement financier des Canadiens, surtout les plus jeunes.
Elle a évité de se dire satisfaite ou non du nombre de 42 000 personnes (moins que le nombre d'employés de Desjardins) qui ont jusqu'à maintenant évalué leur niveau d'aptitude à prendre des décisions financières.
Nouvelle approche
Dans ce qu'elle a appelé des laboratoires, Mme Leroux a par ailleurs décrit de nouvelles approches et de nouveaux outils, comme le partage de locaux avec d'autres organisations du milieu, ou encore la possibilité pour un membre de joindre de chez lui son conseiller en caisse par l'intermédiaire d'une caméra Web.
Chose certaine, le lancement du nouveau site desjardins.com d'ici la fin de 2012 regroupera en une seule adresse les 12 sites Internet distincts de ses diverses unités d'affaires.
Au chapitre des défis technologiques, c'est un invité de marque qui en a fait sourciller plus d'un.
Alain Fradin, directeur général du géant européen Crédit Mutuel, maintenant partenaire de Desjardins dans de nombreux projets, a notamment prédit que la carte bancaire va se «dématérialiser».
Devant cette menace, son organisation a décidé de commercialiser des téléphones mobiles qui sont en train de s'imposer comme nouveau mode de paiement.
Devant le «tremblement de terre» qui secoue toute la planète économique, l'expert affirme par ailleurs que les «fondations antitelluriques» des coopératives leur permettront de survivre et de s'occuper des héritages des institutions fragilisées par leur exposition aux marchés boursiers.
Mais les nouvelles réglementations internationales pour les institutions financières font aussi partie des préoccupations de M. Fradin.
Leurs concepteurs ignorent les caractéristiques des sociétés mutuelles, dit-il, après avoir égratigné au passage les autorités américaines qui poussent sur la création de nouvelles contraintes, mais trouvent les moyens de ne pas s'y soumettre.
Au Canada, estime Monique F. Leroux, on fait preuve de plus d'ouverture. Mais, l'année 2012 étant celle des coopératives pour les Nations Unies, l'hôtesse du Sommet de la coopération à Québec et à Lévis en octobre croit que ce sera l'occasion de démontrer à l'échelle mondiale les atouts de la mutualité.
Silence sur le 1 milliard $ en parts de capital
Ceux qui espéraient apprendre, lors des assemblées générales annuelles de Desjardins, les modalités de l'émission de parts de capital annoncée l'automne dernier à hauteur de 1 milliard $ sont restés sur leur appétit.
Cet apport à la capitalisation de la Fédération des caisses doit servir à appuyer la croissance de sa clientèle d'affaires et ses projets d'expansion hors du Québec.
Mais la présidente et chef de la direction du mouvement, Monique F. Leroux, n'en a pas soufflé mot, samedi matin, dans son message aux 1800 élus et dirigeants délégués par les diverses composantes de l'institution.
En point de presse, elle s'est contentée de dire que son équipe travaille «très activement» à finaliser le projet, notamment avec l'Autorité des marchés financiers. Des développements sont attendus en 2012, dit-elle, sans préciser davantage l'échéancier.