Ces investisseurs potentiels (qui évoluent dans le secteur des pâtes et papiers depuis 30 ans) souhaiteraient acquérir l'usine Stadacona pour la faire tourner à plein régime, jour et nuit, dans le but de produire notamment du papier journal, du papier annuaire et du papier carton à partir de pâte désencrée.
Le groupe d'investisseurs aurait approché un ancien dirigeant chez Papiers White Birch et ancien chef d'exploitation de la papetière Daishowa, André Sarasin, pour diriger les destinées de l'usine de Québec.
Joint par Le Soleil hier, celui-ci a confirmé avoir rencontré ces derniers jours d'importants hommes d'affaires de passage à Québec. «Ce sont des gens très sérieux, et ils sont intéressés à acheter l'usine et à la faire fonctionner pour longtemps», a-t-il laissé entendre sans vouloir en dire davantage.
Les investisseurs ne chercheraient pas à concurrencer les activités de Papiers White Birch, qui possède deux autres usines de papier journal au Québec (Rivière-du-Loup et Gatineau).
Ils s'engageraient à ne pas écouler en Amérique du Nord le papier journal produit à Québec pour une période d'au moins cinq ans.
Rencontre avec le maire
Les investisseurs asiatiques ont même rencontré le maire de Québec, Régis Labeaume, samedi dernier. Le maire Labeaume se serait montré emballé par le sérieux de leur candidature et de leur démarche.
Le ministre du Développement économique et responsable de la Capitale-Nationale, Sam Hamad, a été également informé des intentions de ces investisseurs.
Selon nos informations, les investisseurs asiatiques ne demanderaient aucune aide financière au gouvernement du Québec ni à la Ville de Québec pour relancer les quatre machines à papier de l'usine Stadacona. Ils envisageraient également la possibilité d'acquérir une machine à papier supplémentaire en provenance de l'ancienne usine d'AbitibiBowater de Donnacona pour la faire tourner à Québec. Ils pourraient ainsi embaucher d'anciens travailleurs de l'ex-usine de Donnacona.
Tout le papier produit à Québec serait vendu en Asie, assure-t-on. On parle d'une production annuelle de 450 000 tonnes de papier. Le papier fabriqué à Québec serait entreposé dans le port de Québec pour ensuite être transporté par bateau en Asie. Contrairement à la direction actuelle de Papiers White Birch, qui voyait la fabrication de papier désencré comme un irritant majeur à la relance de l'usine, les joueurs asiatiques voient plutôt d'un très bon oeil ce procédé dit «environnemental».
Pour faire fonctionner l'usine Stadacona 24 heures sur 24, sept jours sur sept, les investisseurs parlent ainsi de rappeler la majorité des anciens travailleurs de Papiers White Birch à Québec.
Négos avec les Brant
Rappelons qu'après avoir obtenu d'importantes concessions salariales de la part de ses anciens travailleurs de Québec, la direction de Papiers White Birch a poursuivi hier ses discussions avec le gouvernement du Québec pour rouvrir l'usine Stadacona.
Les négociations entre la famille Brant et Québec porteraient sur les conditions d'octroi d'un prêt sans intérêt de 50 millions$ remboursable sur 10 ans en retour d'un investissement significatif dans l'usine Stadacona.
Quant à l'aide financière demandée à la Ville de Québec, Papiers White Birch chercherait à faire passer sa facture annuelle de vapeur de 10 à 5 millions$. La papetière achète de la vapeur en provenance de l'incinérateur de Québec. Jeudi, le juge Robert Mongeon de la Cour supérieure du Québec a donné jusqu'au 4 mai à la direction de Papiers White Birch pour s'entendre avec le gouvernement du Québec, la Ville de Québec et ses employés dans le but de rouvrir l'usine Stadacona.
Le tribunal a exigé qu'un rapport d'étape lui soit présenté au plus tard le 23 avril pour faire le point sur l'état des pourparlers.
Si le 4 mai rien n'est réglé, les actifs de la papetière pourraient être remis sur le marché à la pièce et offerts à d'autres acheteurs.