TransCanada Energy dédommagée 200 millions $ par an, selon le PQ

La centrale de gaz naturel de la compagnie... (Photothèque Le Soleil)

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La centrale de gaz naturel de la compagnie TransCanada Energy de Bécancour encaisse depuis 2008 des dédommagements de la part d'Hydro-Québec.

Photothèque Le Soleil

(Québec) Le ministre Clément Gignac s'est résigné à laisser filer quelque 1,8 milliard $ au cours des prochaines années. Une somme qui s'ajoutera aux 800 millions$ déjà payés par Hydro-Québec pour dédommager la multinationale TransCanada Energy.

C'est la conclusion-choc qu'a tirée, lundi, en entrevue au Soleil, le député péquiste Bernard Drainville d'une phrase prononcée la semaine dernière par le ministre des Ressources naturelles. «On va respecter notre signature», a assuré Clément Gignac.

Bernard Drainville l'interrogeait au sujet du contrat noué entre Hydro-Québec et TransCanada Energy sur la centrale au gaz naturel de Bécancour, construite en 2007. Le ministre Gignac a refusé de dire s'il tenterait d'en renégocier les termes.

En raison de ses surplus d'énergie - surplus qu'elle prévoit devoir gérer jusqu'en 2020 -, la société d'État boude le gaz de cette centrale, gaz qu'elle s'était engagée à acquérir. Depuis 2008, année après année, elle dédommage donc TransCanada Energy.

«On a signé un contrat pour la construction d'une centrale électrique au gaz exploitée par une entreprise privée, et le gouvernement libéral paie cette entreprise pour qu'elle ne fasse rien!», dénonce le péquiste.

Les montants exacts versés en guise de pénalité varient et sont gardés secrets. Mais le Parti québécois et d'autres les évaluent à entre 200 et 250 millions$ par année. Des chiffres que ne démentent ni le gouvernement du Québec, ni Hydro-Québec.

En bout de course, au début de la prochaine décennie, plus de trois milliards de dollars pourraient s'être envolés dans cette affaire, croit et craint le député.

Il redoute que le ministre ne cherche même pas à renégocier ce contrat d'approvisionnement signé en 2003, et courant sur 20 ans. «Les libéraux ont l'air prêts à payer cette pénalité de plus de 200 millions - pénalité qui est indexée année après année, qui plus est -, et ils sont prêts, s'il le faut, à la payer pendant 20 ans sans faire quelque tentative que ce soit pour sortir le Québec de cette entente très désavantageuse.»

Négligence

Le ministre des Ressources naturelles se fait prudent dans ce dossier. Il marche sur la pointe des pieds, cherchant surtout à mettre des faits en contexte.

Au moment où il a été signé, ce contrat était pertinent, pense Clément Gignac. Il affirme que les problèmes sont apparus avec la récession, même si Hydro-Québec s'est détournée de la centrale avant que celle-ci fasse sentir ses effets.

«De 2009 à 2011, il y a eu une récession importante. La demande d'électricité a chuté en Amérique du Nord et on s'est retrouvé en surplus d'énergie.»

Pour le ministre, de toute façon, toute cette situation découle, à l'origine, de la négligence des péquistes - du temps où ils étaient au pouvoir. «C'est parce qu'ils n'ont pas voulu investir dans la filière d'hydroélectricité qu'on a dû, nous, avoir des ententes avec la compagnie [TransCanada Energy] pour pouvoir donner de l'approvisionnement en électricité.»

Il ne nie pas que ce contrat coûte cher à la société d'État et, partant, à la société québécoise. Mais il ne donne aucune indication sur ce que son gouvernement pourrait éventuellement faire pour en réduire les coûts.

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