Même si les frais d'exploitation d'une entreprise à Québec sont de 5,8% inférieurs à ceux de celles basées aux États-Unis - l'indice de référence utilisée par KPMG -, ils sont légèrement plus élevés qu'à Manchester, à Moncton, à Fredericton, à Halifax, à Trois-Rivières, à Charlottetown, à Shreveport et à Marseille. À Manchester, au Royaume-Uni, les frais d'exploitation d'une société sont 9,2% moins élevés qu'aux États-Unis. À Moncton, la ville championne au Canada, ils sont inférieurs de 7,7%. Pour mener cette étude sur la conduite d'activités commerciales aux quatre coins du monde, KPMG tient compte d'une vingtaine de facteurs de coûts reliés aux activités d'une entreprise, comme les salaires, le loyer et le fardeau fiscal. La firme compare ensuite les données obtenues dans 16 villes canadiennes et une centaine d'autres situées dans 14 pays.
Bonne performance
Pour Denis Lacroix, associé chez KPMG, Québec n'a pas à rougir de sa performance dans l'étude Choix concurrentiels 2012. «Dans le nord-est des États-Unis et du Canada, Québec arrive au deuxième rang, derrière Trois-Rivières. Elle demeure dans une position très avantageuse», affirme-t-il. Ainsi, Québec se classe mieux que Montréal, New York, Philadelphie, Pittsburgh et Toronto.
Si Québec ne trône plus au premier rang comme ce fut le cas en 2006 et en 2008 - l'enquête de KPMG est menée tous les deux ans -, c'est principalement en raison des coûts de main-d'oeuvre qui ont augmenté dans les secteurs du développement de logiciels et de la RD. «L'appréciation du huard par rapport au dollar américain a pu aussi affaiblir un peu la compétitivité des entreprises de Québec», ajoute Denis Lacroix.
Chine, Inde et Brésil
Pour la première fois, l'édition 2012 de l'étude jette un oeil sur la performance des villes des pays en forte croissance comme le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et le Mexique. Compte tenu de la différence de la structure de coûts entre ces pays et ceux des marchés dits «à maturité», KPMG évite de les comparer et se limite à dire que les coûts des entreprises dans les cinq pays émergents sont inférieurs à ceux des neuf pays parvenus à maturité.
«La Chine et l'Inde arrivent en tête des pays en forte croissance, avec des coûts tout à fait en deçà de l'indice de référence américain», constate KPMG.
Par exemple, à Chengdu (Chine), les frais d'exploitation d'une entreprise sont 28% inférieurs à celui d'une société américaine. À Mumbai, ils sont plus bas de 23,6%. Et ils sont moins élevés de 17% à Moscou. «Ce sont surtout les coûts de main-d'oeuvre qui valent à ces géants émergents leur situation enviable. À l'égard de bien d'autres éléments, par contre, les coûts dans les pays en forte croissance sont équivalents, voire supérieurs à ceux des pays au stade de maturité», fait-on remarquer.
«Par exemple, seule l'Inde propose des loyers de locaux industriels inférieurs à ceux du Canada et des États-Unis; en revanche, les services publics sont plus coûteux en Inde et en Chine qu'au Canada ou aux États-Unis. En outre, le fardeau fiscal élevé vient alourdir les charges des entreprises et compenser les économies sur les coûts de main-d'oeuvre.»
«Bon nombre de sociétés s'intéressent au Brésil, mais les coûts d'exploitation y sont supérieurs à ceux des autres pays en forte croissance et se rapprochent de ceux des pays à maturité en tête du classement. En particulier, les salaires, y compris le salaire minimum, y sont beaucoup plus élevés que dans les autres pays en forte croissance. Le lourd fardeau fiscal nuit aussi aux résultats du Brésil sur le plan des coûts», souligne KPMG. Exploiter une entreprise à São Paulo coûte à peine 5,4% de moins qu'aux États-Unis, soit à peu près la même chose qu'à Québec.