Les économistes de la TD sont d'avis que le marché immobilier canadien est actuellement surévalué de 10 à 15 %. «Il y a certains indicateurs de risque pour des villes comme Québec et Montréal», a souligné hier l'économiste Jacques Marcil de la Banque TD.
Ces temps-ci, il faut allonger en moyenne 254 000 $ pour mettre la main sur une résidence unifamiliale à Québec, soit 10 000 $ de plus qu'à pareille date l'an dernier. Un montant toutefois moins élevé que le prix moyen national qui s'élève plutôt à 372 700 $. Le coût moyen d'acquisition d'une résidence à Québec n'a cependant rien à voir avec ceux observés dans les marchés de Vancouver et de Toronto, où les prix moyens ont atteint le mois dernier respectivement 806 000 $ et 502 500 $.
À Vancouver, le marché immobilier serait toujours dopé par les investisseurs étrangers, alors que la construction de tours à condos dans la Ville reine aurait poussé les prix vers des sommets inégalés ces derniers mois.
Quoi qu'il en soit, le principal facteur de cette surévaluation immobilière serait notamment attribué à la faiblesse des taux d'intérêt. La Banque TD dit avoir fondé son analyse sur les prix du marché local, la capacité d'emprunt des ménages et des variables économiques comme le PIB, l'emploi, le prix des loyers, la démographie et la géographie. Les économistes de la TD pensent qu'une hausse subite des taux d'intérêt ou une détérioration du marché de l'emploi déclencherait immédiatement une correction du marché immobilier d'un bout à l'autre du pays. Et Québec ne serait pas épargnée où, depuis 10 ans, le prix moyen des maison est passé d'environ 100 000 $ à 254 000 $.
L'endettement des ménages a également de quoi inquiéter, rappelle la Banque TD. Le taux d'endettement des ménages canadiens (versus leur revenu disponible) s'élève à 150 %. Il pourrait atteindre les 160 % d'ici la fin de 2013.
Endettement
Le niveau d'endettement des ménages avait d'ailleurs atteint les 160 % aux États-Unis et en Grande-Bretagne avant que n'éclate la bulle spéculative des prix des maisons dans ces pays ces dernières années.
Selon la TD, une hausse des taux d'intérêt de 2 à 3 % pousserait un ménage sur 10 à consacrer plus de 40 % de ses revenus au remboursement de son solde hypothécaire. Pour ralentir la progression des prix des maisons, la Banque TD croit que des mesures concrètes devraient être adoptées par le ministre des Finances Jim Flaherty lors du dépôt de son prochain budget la semaine prochaine à Ottawa.
La TD pense qu'Ottawa devrait ramener notamment de 30 à 25 ans l'amortissement maximal sur les hypothèques tout en haussant de 5 à 7 % le seuil minimal du paiement en argent lors d'une acquisition.
L'analyse de la TD n'est pas la première à soutenir la thèse d'une surchauffe du marché immobilier canadien. En décembre dernier, la firme américaine Merrill Lynch avançait que le marché immobilier canadien était surévalué de 10 % alors qu'une étude de la Banque Scotia révélait que la progression des prix des maisons pourrait ralentir cette année après une avancée moyenne de 85 % depuis 1998. Le magazine britannique The Economist avait également révélé l'an dernier l'existence d'une bulle immobilière au Canada. D'après le magazine, le prix des maisons serait surévalué de 24 % au pays.