Les hausses de taxes programmées pour éliminer le déficit budgétaire du Québec ont un impact très concret.
Un couple gagnant 70 000 $, et ayant aussi deux enfants, déboursera pour les mêmes fins 870$ cette année. Une somme qui s'élèvera à 1104 $ en 2013.
À quelques jours de la présentation du troisième budget du ministre Raymond Bachand, il n'est pas inutile de replonger dans les épais documents budgétaires présentés ces dernières années pour y découvrir des détails oubliés ou passés inaperçus. D'autant que c'est à partir de cette année-ci que le Plan de retour à l'équilibre budgétaire passe à la vitesse supérieure.
Les chiffres mentionnés ci-dessus figurent dans l'un des tableaux du budget gouvernemental présenté il y a deux ans, celui de 2010-2011. C'était le tout premier de Raymond Bachand.
Impact net
Ils établissent «l'impact net sur les liquidités» des Québécois. Ils tiennent compte des hausses de la TVQ, celle entrée en vigueur en janvier 2011 et celle instaurée en début d'année; des augmentations de taxes sur l'essence, ainsi que du paiement de la «contribution santé». Elle grimpe à 200$ cette année.
Si le tableau parle d'«impact net», c'est que les fonctionnaires des Finances ont déduit de ces hausses le «crédit d'impôt pour la solidarité» (fourni aux contribuables les plus pauvres).
Mais attention: ces chiffres officiels ne donnent qu'une vue partielle de la réalité. Ils sont incomplets. Ils ne comprennent pas l'augmentation des droits de scolarité, ni le dégel du tarif du «bloc patrimonial» d'Hydro-Québec. Cette dernière mesure s'appliquera à compter de 2014.
Il semble aussi que toutes les augmentations tarifaires ne soient pas incluses dans ces données.
À la lumière de la facture que doivent acquitter les contribuables à partir de cette année, on comprend mieux pourquoi le ministre Raymond Bachand a fait savoir la semaine dernière que son prochain budget n'alourdira pas le fardeau fiscal des citoyens québécois. Les hausses ont déjà toutes été programmées.
M. Bachand a l'habitude de dire que les Québécois ont aujourd'hui plus d'argent dans leurs poches qu'en 2003 en raison des baisses d'impôts décidées par son gouvernement. Il parle moins souvent de ce tableau de la page 121 du budget 2010-2011.
Plusieurs cibles
Son troisième budget, qu'il présentera mardi, tirera dans plusieurs directions. Sur le plan social, il mettra l'accent sur les soins et les services aux personnes âgées. Une fois de plus, il tentera de favoriser les soins à domicile.
Le budget 2012-2013 devrait confirmer la mise en place des nouveaux régimes volontaires d'épargne-retraite. Les employeurs n'offrant pas de régime complémentaire de retraite devront les proposer à leurs employés. Les travailleurs autonomes pourront y cotiser.
Raymond Bachand s'était engagé l'an dernier «à mettre en place de nouveaux régimes volontaires d'épargne-retraite afin de favoriser l'épargne de tous les Québécois».
Le budget visera de nombreuses cibles. Il cherchera à favoriser un meilleur accès aux capitaux pour les entreprises et à réduire les pénuries de main-d'oeuvre dans certains secteurs d'activité.
Dans la mire de la Coalition avenir Québec de François Legault, les commissions scolaires s'attendent à ce que le gouvernement Charest leur impose des compressions de 100 millions$.
Mardi, le ministre Bachand redira que le retour à l'équilibre budgétaire demeure programmé pour 2013-2014.