C'est là une des convictions soutenues hier au cours d'une entrevue éditoriale au Soleil par Michel Venne, directeur général de l'Institut du Nouveau Monde.
Cet organisme indépendant a programmé, au cours du mois de mars, dans neuf villes québécoises, une série de rencontres appelée Conversation publique sur l'avenir minier du Québec.
Dans le territoire de diffusion du Soleil, ces événements se tiendront à Gaspé le 10 mars, à Québec le 13 et à Sept-Îles le 17. Les citoyens intéressés pourront aussi exprimer leur point de vue dès la fin de cette semaine dans une plateforme Web accessible par le site www.inm.qc.ca/avenir-minier.
Les enjeux miniers sont tout aussi importants pour l'économie des grands centres urbains, souligne M. Venne.
Il a indiqué que les inscriptions pour la rencontre de Québec sont plus nombreuses que pour celle qui a réuni une cinquantaine de personnes à Rouyn-Noranda samedi dernier, malgré plusieurs conditions adverses justifiant la tenue d'une nouvelle visite en Abitibi en avril. Lors du premier exercice, rappelle M. Venne, en plus des enjeux économiques et écologiques reliés à l'industrie minière, les participants ont abordé diverses stratégies d'«après-boum» à élaborer pendant la période de prospérité.
Par exemple, pour éviter le déclin d'une communauté minière au moment où un gisement s'épuise ou en cas de fermeture d'une mine pour cause de chute de la valeur sur les marchés mondiaux des substances minérales exploitées.
Ou encore pour atténuer non seulement le décrochage scolaire prématuré des jeunes attirés par les salaires élevés offerts dans l'industrie minière, mais aussi l'effet sur le développement d'autres secteurs économiques confrontés à un tel contexte de main-d'oeuvre coûteuse. Il faut déjà penser à ce qui arrivera dans 100 ans, illustre M. Venne.
Trois thèmes
Dans le processus mis en place, les discussions des citoyens réunis en petits groupes du genre «conversation de café» sont successivement orientées sur trois thèmes principaux sur lesquels les participants ont pu acquérir des données neutres mises en ligne et totalisant environ150 pages de documentation, en plus des nombreux renvois.
L'Institut du Nouveau Monde (INM) compte sur «l'intelligence collective» qui se dégage lorsque l'on crée les conditions propices au dialogue. Ceci, dit M. Venne, «facilite la recherche de solutions même sur des sujets qui, parfois, suscitent la controverse». Dans cet exercice, l'INM vise à rejoindre un millier de citoyens. Son bilan principal sera diffusé au plus tard au début de l'été.
Un volet supplémentaire sera nécessaire pour refléter les opinions recueillies, de façon distincte au besoin, auprès des gens des Premières Nations.
«Nous n'avons pas à conclure, ajoute M. Venne, mais à contribuer au débat» entre des citoyens moyens désireux d'apprendre et d'exprimer leur opinion. L'exercice se veut plus nuancé, plus délibératif qu'un sondage dans lequel on est limité à cocher oui ou non pour répondre à un questionnaire.
La démarche a été amorcée grâce à un financement fourni par Minalliance, un organisme qui fait la promotion des intérêts des industries de l'exploration et de l'exploitation minière.
Mais le comité consultatif qui a supervisé le procédé inclut des représentants des municipalités, d'organismes dédiés à l'environnement et des travailleurs.
Et Michel Venne assure que cette diversité garantit l'indépendance des échanges et du compte-rendu qui en sera livré.