Mines: de l'électricité dans l'air

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Le Parti québécois se demande si Hydro-Québec n'a pas consenti à ArcelorMittal un contrat où il vend l'électricité deux fois moins cher que le coût de production de l'énergie destinée à l'alimenter, suggère le député Bernard Drainville. Le critique du Parti québécois (PQ) a repris ses attaques contre le gouvernement Charest. Il l'accuse de brader notre électricité aux compagnies minières. En Chambre, il est revenu sur une déclaration du premier ministre Jean Charest, qui soutient que ces firmes devront payer l'énergie «au coût marginal [de production pour Hydro], plus un profit».

M. Drainville a avancé que «le coût marginal des nouveaux projets [...], le coût des futurs kilowattheures d'Hydro-Québec tourne autour des 0,10 $» le kWh. Le député a pris l'exemple de l'entente accordée à Arcelor, dont l'investissement de 2,1 milliards$ pour sa mine de fer à Fermont a marqué le lancement des projets liés au Plan Nord. La multinationale a droit au tarif L, réservé aux grands consommateurs d'énergie. Cela fixe le prix à 0,043 $ le kWh, a-t-il souligné.

La distinction

En entrevue, il a mentionné qu'il n'est pas contre le recours au tarif L, à la condition de faire la démonstration que cela est décisif pour «créer les conditions pour transformer le minerai», non pas pour l'extraire simplement.

«Il y a une distinction entre l'énergie qui sert à transformer le minerai et celle pour l'extraire de la terre.» En Chambre, il a lancé : «On vend déjà notre minerai pas cher, on leur construit des routes, sans parler des chemins de fer et des ports qui pourraient venir. On ne va quand même pas leur vendre l'énergie moins cher que ce que ça nous coûte pour la développer.»

Le premier ministre a maintenu que les minières devront débourser «le coût marginal, plus un profit». Jean Charest a répliqué que «le coût moyen de production d'électricité au Québec, c'est de 0,0214 $» par kWh. Un économiste a fait savoir au Soleil que le coût marginal n'est pas le coût moyen.

La porte-parole du ministre Clément Gignac (Ressources naturelles) a ramené la distinction à une question de «sémantique. Ce qui est entendu par le ministre, c'est [un tarif comprenant] le coût de production, plus le coût de transport, plus un bénéfice». Jolyane Pronovost a mentionné que ce sera la base pour les projets d'extraction minière. Dans le cas d'ArcelorMittal, le tarif permettra d'ériger une deuxième usine de bouletage de fer, a-t-elle ajouté. En fait, selon elle, cette tarification permettra au Québec d'accéder au troisième rang des producteurs d'aluminium - les alumineries sont de grandes consommatrices d'électricité -, même si la province n'a pas de bauxite.

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