Une guerre de chiffres autour de l'énergie «sale»

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) La guerre des chiffres s'est poursuivie de plus belle, hier, sur les critiques que soulève l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) contre la participation de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) dans les sables bitumineux de l'Ouest. Les auteurs de l'étude, Éric Pineault et François L'Italien, n'ont pas aimé que le porte-parole de la CDPQ affirme que leur démonstration «manque de sérieux». Une réplique que Maxime Chagnon a maintenue.

«Les chiffres sont mauvais, le contexte est mauvais», a commenté le responsable des communications à la Caisse. Il est revenu sur le reproche portant sur la participation du gestionnaire du «bas de laine» des Québécois dans le secteur pétrolier. Selon M. Chagnon, ces parts en Bourse représentent, dans le secteur de l'énergie en général, 4,8 milliards$, et non 5,4 milliards$.

Il a ajouté que le total n'est que 2 milliards$ dans le domaine du pétrole et qu'il est faux de dire que les compagnies dans ce portefeuille se limitent aux sables bitumineux, une énergie qualifiée de «sale».

Éric Pineault persiste. D'après le chercheur, les montants avancés proviennent d'un document de la CDPQ. L'économiste reconnaît que les pétrolières répertoriées ne sont pas uniquement dans les sables bitumineux. Mais, a-t-il enchaîné en donnant l'exemple de la société Enbridge, ce que mesure son rapport, «c'est la part de l'implication d'une firme qui est au coeur du développement de l'industrie» exploitant cette ressource. M. Pineault a mis en lumière un aspect éthique de l'utilisation des fonds de retraite.

Il a fait valoir que la part dévolue par la Caisse aux énergies renouvelables est minime, en comparaison avec l'engagement dans les énergies fossiles.

La CDPQ a subi des attaques par le passé pour ses investissements dans l'industrie du tabac (environ 200 millions$).

M. Chagnon a souligné que la CDPQ ne possède des parts chez les cigarettiers que par l'entremise d'indices boursiers. La politique d'investissement responsable le permet parce qu'il s'agit d'une industrie légale.

Il s'est élevé contre une proposition de l'IREC, réclamant «de mettre la Caisse de dépôt et placement au service de la reconversion écologique de la base industrielle et énergétique du Québec». Cela n'est «jamais» apparu «dans la mission de la Caisse», a-t-il lancé. Cette mission, «c'est d'être au service de nos déposants», pour les fonds de retraite des Québécois.

«Nous investissons là où il y a des occasions de rendement», occasions de l'ordre du «marginal» dans le secteur des nouvelles technologies et des énergies propres, a-t-il dit.

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