Memostars, le Robin des Bois de la pub

Le pdg de Memostars, Vincent Aubert, qui dirige... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Le pdg de Memostars, Vincent Aubert, qui dirige une petite équipe de cinq employés, sait que son idée est prometteuse et pourrait intéresser les Google de ce monde un jour.

Le Soleil, Steve Deschênes

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) Les annonceurs dépensent des montagnes de billets verts pour intéresser les consommateurs à acheter leurs produits ou leurs services. Bombardés de toutes parts, ces derniers se sont forgé une carapace et ont appris à ne plus voir les publicités.

Une jeune entreprise de Québec, Memostars, propose de renverser la tendance. Comment? En récompensant, à coups d'un dollar, les internautes qui consulteront les publicités en ligne d'un annonceur et qui seront capables, à l'aide d'un jeu-questionnaire composé de trois questions, d'en mémoriser le contenu.

Pour le pdg de Memostars, Vincent Aubert, ça ne sert plus à rien aux annonceurs de chercher à marteler leur message dans la tête des consommateurs. «Sur la toile, le taux de clics sur les bannières publicitaires est très bas. La moitié des internautes ne les remarquent même pas. Ils ont conditionné leur cerveau à ne plus voir. Quant à l'autre moitié des internautes, ils aperçoivent les bannières, mais pendant une fraction de seconde à peine. Et s'ils cliquent sur l'une d'entre elles, c'est bien souvent par erreur.»

Dans la réflexion qui l'a poussé à mettre au monde son entreprise, en juillet 2010, Vincent Aubert s'est aussi interrogé sur le fait qu'une société comme Google, par exemple, empochait de l'argent chaque fois qu'un internaute consultait un site publicitaire qu'il affichait alors que l'internaute, lui, ne recevait rien en retour. «Pourquoi ne pas créer une relation gagnant-gagnant entre un marchand et un consommateur en offrant une récompense en argent à celui qui aura fait la démonstration qu'il a mémorisé le contenu de leur publicité diffusée en ligne ou à partir du site Web du commerçant?»

Memostars se voit dans la peau d'une sorte de Robin des Bois de la publicité. «Nous voulons amener les annonceurs à verser aux consommateurs une partie de leur budget publicitaire.»

Comme à la petite école...

Memostars a mis au point une application technologique basée sur une approche cognitive scientifiquement éprouvée - et en attente d'être brevetée - qui intègre les principes de la mémorisation dans une stratégie publicitaire. «Si les informations sur son produit ou sur son service sont consultées et mémorisées par le consommateur qu'il veut cibler, l'annonceur aura alors atteint sa cible.»

Comme à la petite école, c'est par le moyen d'un jeu-questionnaire que l'annonceur parviendra à attirer l'attention.

Sans trop de battage publicitaire, Memostars a réussi à se bâtir une base de données contenant les noms de plus de 2000 utilisateurs recrutés à partir de Facebook. Pour attirer plus d'annonceurs - la jeune entreprise en compte présentement une vingtaine et négocie activement avec de gros joueurs comme McDonald's et Desjardins -, Memostars espère en recruter 20 000 dans les prochaines semaines. «Plus nous aurons d'utilisateurs, plus on pourra aller chercher des annonceurs, et plus on aura d'annonceurs, plus les utilisateurs pourront empocher des dollars», explique Vincent Aubert.

Et ça fonctionne comment, cette nouvelle façon de faire de la publicité sur Internet? À quelques reprises durant le mois - ça pourrait varier entre 8 et 12 fois -, les utilisateurs reçoivent par leur compte Facebook ou par courriel un message les invitant à participer à un jeu-questionnaire. Le défi consiste à répondre correctement, dans un laps de temps de 100 secondes, à trois questions faciles se rapportant à une publicité d'un fournisseur participant. L'utilisateur est d'abord invité à analyser et à mémoriser ladite publicité. Lorsqu'il est prêt, il peut relever le défi. Tout au long de l'épreuve, il peut aller consulter la publicité pour trouver ou pour valider les réponses aux trois questions. S'il parvient à trouver les bonnes réponses, il recevra un crédit d'une valeur d'un dollar qu'il pourra éventuellement utiliser pour faire des achats sur Apple Store, Amazon, iTunes ou encore pour faire un don à une oeuvre humanitaire.

Vincent Aubert ajoute qu'un annonceur pourra aussi définir minutieusement sa campagne et cibler les consommateurs qui recevront le jeu-questionnaire. À sa guise, il pourra utiliser sa propre liste d'utilisateurs. Sortie de l'ombre l'an dernier à l'occasion du Startup Camp Québec, organisé par La Voix des entrepreneurs en T.I. de Québec (VETIQ) et Québec International, la jeune compagnie planche également sur une application mobile qui permettra de balayer une publicité identifiée Memostars dans un journal et de recevoir instantanément sur un téléphone cellulaire trois questions correspondant au produit affiché.

Idée prometteuse

La petite équipe de Memostars - ils ne sont que cinq employés, mais ils peuvent compter sur de solides appuis financiers qui ont permis de recueillir un peu plus de 500 000 $ - sait qu'elle détient une idée remplie de promesses qui pourrait, un jour, intéresser les Google de ce monde. C'est pourquoi on met les bouchées doubles pour prendre d'assaut le marché canadien avant la fin de l'été. Les revenus de Memostars proviennent des annonceurs. «Nous leur demandons 3 $ : 1 $ sera versé aux utilisateurs à titre de récompense et 2 $ pour nos frais de gestion», précise M. Aubert.

Pour en savoir plus : www.memostars.com.

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