Emploi: les États-Unis se relèvent

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L'emploi à Lévis comme dans la Capitale-Nationale se maintient avec un des taux de chômage les plus faibles au pays.

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Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Québec) En janvier, le taux de chômage a légèrement augmenté au Canada et dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec, mais il a diminué aux États-Unis et au Québec.

Un coup d'oeil, d'abord, chez nos voisins du sud, qui ont grandement besoin de bonnes nouvelles.

Avec la création de 243 000 emplois au cours du premier mois de la nouvelle année, le taux de chômage a chuté de 8,5% à 8,3%. Ce taux n'a jamais été aussi bas depuis le mois de février 2009. Il y a six mois encore, le taux de chômage aux États-Unis s'établissait à 9,1%. L'emploi reprend ainsi du poil de la bête pour un deuxième mois consécutif. En décembre, 220 000 emplois avaient été créés.

«Ces gains sont très encourageants. Il reste à voir si cette embellie perdurera», signale l'économiste principal du Mouvement Desjardins, Francis Généreux.

Au Canada, ce fut le calme plat, en janvier, sur le marché de l'emploi. À peine 2300 postes ont été créés. Le taux de chômage a enregistré une minuscule hausse de 0,1 point de pourcentage, pour afficher 7,6%, selon Statistique Canada qui rendait publics, hier, les résultats mensuels de l'Enquête sur la population active.

Le Mouvement Desjardins parle d'une «progression décevante» de l'emploi. «Ça ne change pas vraiment notre vision du marché du travail canadien», fait remarquer l'économiste principal Benoît P. Durocher. «Compte tenu de la croissance économique moins élevée observée au pays, il est normal que la progression de l'emploi soit moins vigoureuse. Rappelons également que le marché du travail canadien a depuis longtemps récupéré les emplois perdus durant la dernière récession.»

Au Québec, il y a eu lieu de retrouver le sourire. En effet, Statistique Canada rapporte un gain de 9500 emplois au Québec en janvier. Ce gain d'emploi, conjugué à une légère baisse de la population active, a fait chuter le taux de chômage de 8,7% à 8,4% de décembre à janvier. La situation demeure tout de même «préoccupante», affirme Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins. Rappelons que le Québec a enregistré une baisse de 61 000 emplois au cours des trois derniers mois de 2011.

«Hésitation, voilà qui définit bien le contexte dans lequel doivent évoluer les entreprises, commente-t-elle. Les nouvelles semblent moins mauvaises qu'appréhendées du côté de l'économie américaine, mais toutes les données économiques ne sont pas au diapason. Ce contexte n'est pas propice à l'embauche de ce côté-ci de la frontière. Voilà pourquoi les avancées sur le marché du travail seront modestes - lorsqu'il y en aura - au cours des prochains trimestres. Malgré l'amélioration des statistiques sur l'emploi, la situation du marché du travail québécois demeure inquiétante.»

RMR de Québec

De 4,7% en décembre, le taux de chômage dans la RMR de Québec - qui regroupe le territoire des villes de Québec et de Lévis - montre un gros 5% en janvier. «Il demeure encore l'un des plus faibles au Canada», insiste l'économiste principal de Québec International, Louis Gagnon. De janvier 2011 à janvier 2012, le taux de chômage a fait un bond de 1,3 point dans la région administrative de la Chaudière-Appalaches - pour passer de 4,4% à 5,7% -, alors qu'il diminuait de 5,9% à 5,7% dans celle de la Capitale-Nationale, selon les données désaisonnalisées de Statistique Canada.

Pour Louis Gagnon, l'heure n'est pas à la panique en ce début d'année «modeste» dans la RMR de Québec, qui compte néanmoins 422 900 emplois, soit 1000 de plus qu'au mois de janvier 2010. «Cette performance est cohérente avec notre scénario pour 2012. En effet, l'ajout de 24 600 travailleurs au cours des deux dernières années amène les entreprises à réévaluer leurs besoins avant de faire de nouvelles embauches. Toutefois, nous prévoyons que l'amélioration progressive des signes économiques et la volonté des entrepreneurs d'accroître leur volume de main-d'oeuvre auront des effets plus convaincants sur la création d'emplois à partir du début de l'été.»

Labeaume satisfait

De son côté, le maire Régis Labeaume ne cachait pas sa satisfaction à la lecture des dernières données sur l'emploi. «Le taux de chômage baisse aux États-Unis. Ça voudrait dire qu'au total, on s'en sortirait indemne, ce qui est un exploit pour la région de Québec. C'est vraiment une très bonne nouvelle.»

La députée néo-démocrate de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Anne-Marie Day, ne partage pas cet avis et parle même d'une «crise de l'emploi» à Québec.

«La fermeture de [l'usine Stadacona de] Papiers White Birch, où 600 travailleurs ont été jetés à la rue, n'est pas étrangère à cette hausse du chômage. Pendant que le gouvernement québécois tente d'intéresser des investisseurs privés à la relance de l'usine, le gouvernement conservateur reste les bras croisés. C'est une honte!»

Avec la collaboration de Luc Fournier

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