En 1979, à la suite d'un appel d'offres public, Supermétal était choisi par les architectes Bégin et Rodrigue et la firme d'experts-conseils BPR pour fournir la charpente d'acier qui allait soutenir l'ajout de 5000 sièges dans l'amphithéâtre en béton armé construit en 1949.
Ce projet de 19,8 millions$ visait à faire porter la capacité du Colisée à 15 000 sièges. Il s'agissait alors d'une condition à l'admission des Nordiques dans la Ligue nationale de hockey.
«La structure de l'agrandissement consiste essentiellement en une nouvelle charpente d'acier, ceinturant le bâtiment existant, et destinée à loger les aires de circulation et de service», rapportait à l'époque une revue spécialisée française, Profil, qui s'intéressait au défi technique que représentait le projet. «De cette charpente, des porte-à-faux pénètrent dans le bâtiment existant pour supporter les nouveaux gradins. Cette structure métallique, presque complètement indépendante de l'ouvrage original, fut littéralement enfilée à travers murs et dalles de béton.»
Le principal défi de ce projet reposait sur le respect des échéanciers serrés. L'exécution des travaux devait se faire entre deux saisons de hockey pour éviter d'entraver le calendrier des matchs des Nordiques. Les travaux de montage de la charpente d'acier ont débuté en mars 1980 et, sept mois plus tard, le nouveau Colisée était prêt. Son inauguration se faisait le 18 janvier 1981.
«L'agrandissement du Colisée, nos travailleurs en parlent encore», explique Sylvie Boulanger, vice-présidente, Marketing technique de Supermétal.
Selon elle, il en coûterait 60 millions$, aujourd'hui, pour effectuer les mêmes travaux qu'en 1980, dont 10 à 12 millions$ pour la charpente d'acier. «Étant donné que le nouvel amphithéâtre sera un édifice neuf, la portion de la structure d'acier dans le coût total de l'équipement sera inférieure au 20 % que cela représentait à l'époque», fait remarquer Mme Boulanger.
À première vue, les professionnels de Supermétal évaluent que le toit du futur amphithéâtre nécessitera l'utilisation de 7000 à 10 000 tonnes d'acier. À titre comparatif, l'entreprise lévisienne, qui a réalisé pas moins de 3000 projets depuis sa fondation en 1959, assemblera et livrera près de 12 000 tonnes d'éléments d'acier pour un projet de plus de 50 millions$ prévoyant l'érection d'un tour de bureaux de 50 étages à Calgary. La capacité annuelle de production des quatre usines de Supermétal au Canada et aux États-Unis s'élève à 60 000 tonnes.
Le futur amphithéâtre de Québec, dont les coûts projetés s'élèveront à 400 millions$, apparaît-il comme un ouvrage complexe? «Tout dépendra de la configuration finale de la toiture», répond Sylvie Boulanger. «Une structure de fermes d'acier conventionnelle n'est pas la même qu'une charpente tridimensionnelle en profilés tubulaires.»
L'obtention du contrat pour la fabrication et l'installation de centaines de tonnes d'acier permettrait non seulement à Supermétal de bomber le torse, mais également d'augmenter le chiffre d'affaires de la compagnie de 20 % à 25 %.