Miroirs Laurier: se réinventer ou mourir

À partir d'un nouveau procédé d'impression digitale numérique,...

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À partir d'un nouveau procédé d'impression digitale numérique, il est possible de reproduire sur une feuille de verre une oeuvre comme La Joconde. Sur la photo, dans l'ordre habituel, Caroline Mercier, pdg de Miroirs Laurier, et Mélanie Mercier, vice-présidente principale et directrice des opérations.

Gilbert Leduc
Gilbert Leduc
Le Soleil

(Laurier-Station) N'eût été l'audace de ses dirigeants, Miroirs Laurier ne serait plus qu'un souvenir, et la région de Lotbinière compterait aujourd'hui une centaine de travailleurs de moins. Attaquée de front par la concurrence chinoise dans le marché du meuble, qui fut le pain et le beurre de l'entreprise familiale fondée en 1950, Miroirs Laurier a dû se réinventer.

C'est donc de moins en moins dans les chambres à coucher que se trouveront les produits fabriqués à Laurier-Station, mais plutôt dans l'habillage de la nouvelle génération d'immeubles de prestige, comme celui de 400 000 pieds carrés que construira Desjardins sur son campus de la Coopération à Lévis pour regrouper ses 800 employés dispersés un peu partout. Une tour d'une dizaine d'étages entièrement vitrée sur ses quatre faces.

Et pourquoi pas, maintenant, parer de verre fabriqué à Laurier-Station le futur amphithéâtre de Québec qui pourrait ainsi se rapprocher du look affiché par le Consol Energy Center de Pittsburgh qu'a visité, la semaine dernière, le maire Régis Labeaume? «On aimerait ça pouvoir le faire», répond la pdg Caroline Mercier.

Ça tombe bien, puisque Miroirs Laurier vient d'importer d'Israël un procédé d'impression numérique en céramique cuite sur verre - le Ceraprint - qui permet de réaliser des motifs multicolores à grande échelle. «Cette technologie permet, entre autres, à un commanditaire d'afficher un logo géant sur un édifice. Ça apporte un cachet distinctif à un bâtiment d'envergure», explique-t-elle en ajoutant que les impressions faites en encre céramique cuite sur le verre sont résistantes aux intempéries, aux égratignures et à la décoloration causée par les rayons UV.

Investissements de 5,5 millions $

Miroirs Laurier, c'est l'idée de Gabriel Mercier. Son fils, Robert, a ensuite pris les guides de l'entreprise. Aujourd'hui, les deux filles de Robert, Caroline et Mélanie, mènent la barque. Et elles ne sont pas peu fières d'avancer qu'elles sont la preuve qu'une entreprise peut survivre à deux transferts de génération.

Il y a quelques années, les dirigeants ont fait le constat que Miroirs Laurier ne pourrait survivre à l'invasion chinoise. Ils ont même songé à mettre la clé sous la porte. La possibilité que l'entreprise devienne un simple importateur de miroirs fabriqués à l'autre bout du monde n'entichait personne. Miroirs Laurier devait demeurer une entreprise manufacturière prospère et pour y arriver il fallait dénicher des créneaux bien spécifiques dans lesquels les Chinois n'oseraient pas s'aventurer.

Tranquillement, Miroirs Laurier a délaissé le marché du meuble pour se concentrer sur les produits trempés (édifice en verre, abribus, baies vitrées) et sur le verre laminé. «Si je vous montrais la liste des clients que nous avions il y a cinq ans et celle que nous avons aujourd'hui, vous constateriez que plusieurs ne sont plus là et qu'ils ont été remplacés par d'autres, notamment du domaine de l'architecture, qui n'étaient nullement sur notre radar à l'époque», signale Mélanie Mercier, la vice-présidente principale et directrice des opérations de la compagnie.

Pour gagner leur pari, les soeurs ont misé sur l'innovation et sur l'acquisition de nouvelles technologies, comme celle permettant de colorer le verre à partir d'une variété de 2600 couleurs. Pour y arriver, Miroirs Laurier a adopté un plan qui prévoit des investissements de 5,5 millions$ entre 2011 et 2013. Hier, le député de Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière à Ottawa, Jacques Gourde, a annoncé l'octroi d'une contribution financière remboursable de 325 000$ à l'entreprise qui pourra ainsi accélérer son plan d'accroissement de la production.

Comptant déjà sur une équipe de 110 travailleurs, Miroirs Laurier - qui n'a d'ailleurs effectué aucune mise à pied ces dernières années en dépit du contexte économique difficile - prévoit faire d'autres embauches dans les mois à venir.

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