Partageant sa vie entre les deux villes depuis une douzaine d'années, le nouveau propriétaire du Pub Saint-Alexandre, une entreprise familiale, perçoit ce projet comme une nécessité, tant pour les déplacements professionnels que touristiques. «Il y a beaucoup d'affinités entre les gens de Québec et de Boston, observe-t-il. Il y a beaucoup de francophones en Nouvelle-Angleterre qui se regroupent en associations, entre autres pour fêter la fête nationale du Québec, et les gens de Boston adorent voyager ici.»
Il voudrait ainsi créer une société de transport indépendante qui ferait l'aller-retour entre Québec et Boston sans escale, deux fois par semaine. «C'est mon objectif à moyen, long terme», dit celui qui a étudié en droit à l'Université Laval et qui est membre du Barreau du Québec.
M. Barré, qui possède la double citoyenneté (sa femme est américaine et il a trois enfants là-bas), bouillonne de projets plus audacieux les uns que les autres. Dans le bar de la rue Saint-Jean qu'il exploite depuis juillet seulement, des travaux de rénovation sont déjà en branle. «On agrandit notre sous-sol pour y entreposer plus de bières. Mon prochain truc, ce sera d'aller en Belgique pour rencontrer des brasseurs et établir des liens pour importer de nouveaux produits.» La sélection de quelque 200 sortes de bières internationales différentes sera donc encore plus imposante qu'elle ne l'est déjà.
Et au printemps, le Pub Saint-Alexandre (rue Saint-Jean, à Québec) ouvrira un gîte, qui comptera cinq chambres pour accueillir les visiteurs. «J'aime ça quand ça bouge, il faut que ça embraye! Je regarde toujours en avant», souligne celui qui, parallèlement à sa nouvelle occupation dans le domaine des affaires, poursuit sa carrière comme courtier immobilier des deux côtés de la frontière. «C'est peut-être de là que je tiens ma propension à vouloir donner sa pleine valeur à un édifice!» admet-il.
Cet esprit entrepreneurial, Jean-François Barré estime l'avoir hérité de ses ancêtres, dont son grand-père et arrière-grand-père, qui étaient concessionnaires automobiles. Fils d'un ex-athlète olympique (son père est kayakiste), il croit également avoir bénéficié d'un tempérament combatif grâce au sport, lui-même ayant fait partie de l'équipe canadienne junior de cyclisme.
Sa mère lui a pour sa part transmis son amour de la culture, ce qui explique la mission de diffuseur de musique live que détient le Pub Saint-Alexandre depuis quelques années déjà. «On s'est donné comme mandat de développer le blues, le jazz et la musique folk. Depuis plus d'un an, on le fait régulièrement, de deux à trois fois par semaine, avec des musiciens principalement de Québec. On a organisé notre propre programmation spéciale durant le Festival d'été ainsi que la tournée Québec-UK, et on a un partenariat avec la Bourse Rideau pour la relève.» Avec un passé de gérant d'artiste-peintre et peut-être d'autres talents cachés qui n'ont pas pu être abordés lors de l'entretien d'une trentaine de minutes, Jean-François Barré lance souvent à la blague qu'il se demande encore, même à 43 ans, ce qu'il va faire quand il sera grand!