Plan Nord: la grande séduction Québec-Asie est lancée

Un immeuble d'appartements en construction à New Delhi,... (AP)

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Un immeuble d'appartements en construction à New Delhi, en Inde

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Marc-André Séguin, collaboration spéciale
Le Soleil

(Hong Kong) Les échanges entre le Québec et l'Asie s'intensifient, et pour cause. Avec l'équivalent de 1000 nouvelles villes à construire en Chine et en Inde au cours des prochaines décennies, les deux puissances émergentes asiatiques auront besoin de ressources pour assurer leur développement. Le Québec regorge de potentiel à cet effet, et la grande séduction, d'une part et d'autre, est lancée.

L'Université des langues étrangères de Pékin, la plus grande université de langues de Chine, étudie présentement la faisabilité d'inclure un volet de francisation propre au secteur minier pour ses étudiants en langue française. Autre signe que l'intérêt du Québec pour les investisseurs chinois n'est pas à sens unique.

Le projet serait incorporé au Centre d'études québécoises de l'Université, fondé il y a 10 ans. Selon nos informations, des institutions majeures du Québec ont démontré un intérêt à se joindre au projet si ce dernier voyait le jour.

Et l'investissement pourrait très bien en valoir la peine, car les puissances émergentes d'Asie sont en pleine expansion. Les 20 prochaines années marqueront, en Chine mais aussi en Inde, la plus grande transformation urbaine du monde, du jamais-vu dans l'histoire en termes de vitesse et d'ampleur.

Les grues qui se succédaient il n'y a pas longtemps sur l'artère pékinoise Jianguomenwai dajie migrent de plus en plus vers l'ouest, à l'intérieur des terres et vers les villes secondaires et tertiaires de Chine, où, prévoit-on, le développement immobilier est appelé à s'intensifier au fur et à mesure que le réseau ferroviaire chinois se développe et que les entreprises y déménagent.

Au sud du continent asiatique et de l'autre côté de l'Himalaya, une ville indienne comme Chandigarh gagne elle aussi en popularité. La capitale partagée des provinces du Panjab et d'Haryana, rendue célèbre pour sa conception à l'européenne par l'architecte Le Corbusier dans les années 50, est l'une des rares villes où on peut échapper à la folie des chantiers de construction, tels qu'on les voit apparaître dans les mégalopoles, comme Mumbai ou Delhi. Mais le tout a un prix.

«La construction des bâtiments est très réglementée ici, nous résume Karan, un habitant de la municipalité. Les autorités cherchent à protéger le caractère de cette ville et sa structure, un fait rare en Inde. Mais l'effet est que les maisons sont aujourd'hui hors de prix dans la ville. Il faut une fortune pour se doter d'un logement ici. Mais l'investissement en vaut la peine pour s'éloigner des chantiers.»

Et qui dit chantiers dit donc matériaux de construction, et avec un potentiel minier important et une réputation enviable en tant que juridiction stable pour les investissements dans le secteur, le Québec a intensifié ses rapports avec le continent asiatique, qui, selon toute apparence, prête une oreille très attentive.

Les minières attentives

Au moment de la visite en Chine du premier ministre Jean Charest en août dernier, bon nombre de hauts dirigeants de minières importantes de Chine - telles que la China Mining United Fund ou la China Nonferrous Metal Mining Group - se sont déplacés pour écouter le premier ministre présenter le Plan Nord. D'autres groupes d'importance, tels que divers fonds d'investissements et banques de Chine, étaient aussi présents, tout comme certains représentants de banques canadiennes ou internationales, telles que Goldman Sachs.

Le pdg d'Investissement Québec, Jacques Daoust, s'est lui aussi déplacé en Chine récemment, notamment pour rencontrer le président de la minière Jilin Jien Nickel. «L'entreprise a manifesté l'intérêt d'investir dans un projet», explique la porte-parole d'Investissement Québec, Chantal Corbeil, sans pour autant l'identifier.

«Le protocole voulait que M. Daoust se déplace pour rencontrer la haute direction de l'entreprise.»

En août, Jilin Jien Nickel annonçait aux côtés du premier ministre Charest un investissement de 400 mil­lions $ dans une mine de nickel dans l'extrême nord du Québec. Mme Corbeil affirme que d'autres entreprises seraient en contact avec l'institution.

Des minières étaient aussi du nombre des multiples convives à l'assemblée générale annuelle du Conseil commercial Canada-Chine, qui s'est tenue à Pékin et à Chongqing en novembre. L'ancien premier ministre Jean Chrétien, une poignée de ses anciens ministres ainsi que l'ancien ministre Stockwell Day étaient présents à l'événement, qui a accueilli plusieurs gens d'affaires d'importance de Chine et du Canada.

Bo Xilai, le très populaire chef du Parti communiste de la ville-province de Chongqing, a participé à l'événement. Celui-ci aspire à un poste élevé du Politburo, voire à la présidence de la Chine d'ici quelques années. Selon plusieurs observateurs, le Plan Nord a été abordé au cours des séances entourant l'assemblée générale, qui présentait notamment différentes avenues d'échanges économiques entre les deux pays. Le vice-président (et, selon plusieurs, futur président) de Chine, Xi Jinping, a aussi rencontré M. Chrétien en marge de l'événement, ont rapporté les médias chinois.

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