Papiers White Birch: plusieurs éléments de l'offre «finale» jamais discutés

La nouvelle proposition de convention collective de Papiers... (Le Soleil, Yan Doublet)

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La nouvelle proposition de convention collective de Papiers White Birch vient conforter la perception du syndicat selon laquelle la fermeture indéterminée de l'usine est en fait un lock-out déguisé.

Le Soleil, Yan Doublet

(Québec) La proposition de convention collective dite «finale» présentée par Papiers White Birch vendredi soir aux 600 travailleurs de l'usine Stadacona contiendrait plusieurs demandes dont l'employeur n'aurait jamais discuté auparavant avec le syndicat.

«C'est une série de demandes qui n'ont jamais été discutées par personne. Tout ce que la compagnie a souhaité depuis des lunes, ils ont mis ça là-dedans», a commenté brièvement samedi le vice-président régional du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, Renaud Gagné, qui n'a toutefois pas développé sur la nature de ces demandes.

On peut toutefois en déduire qu'il n'y a pas que relativement au régime de retraite et aux salaires que l'employeur souhaite faire avaler des concessions à ses travailleurs. «Comme il y a plusieurs nouveaux éléments là-dedans, ça risque d'être difficile à accepter», a laissé échapper M. Gagné, ajoutant que le syndicat allait analyser les offres dimanche pour ensuite fixer la date d'une assemblée où elles seront présentées aux travailleurs.

«Nous avons des rencontres demain [dimanche] et lundi. Ça complique les choses, car l'employeur a présenté ça à la dernière minute vendredi soir. Je n'ai été mis au courant que vers 20h qu'il y aurait une offre dite «finale» et je n'ai reçu le document que vers 21h», poursuit le vice-président, qui en avait long à dire sur la façon de procéder de la compagnie.

«Profondément choqués»

«Nous sommes profondément choqués. Envoyer une offre de ce genre un vendredi soir, tout en prenant soin de diffuser médiatiquement la nouvelle, toujours en soirée, c'est une fois de plus la preuve que cet employeur utilise toutes les stratégies possibles pour mettre la pression sur nos membres. Ils n'ont aucun respect des règles de négociation en passant continuellement par-dessus les structures syndicales.»

D'autre part, l'annonce de la compagnie vient conforter la perception du syndicat selon laquelle la fermeture indéterminée de l'usine décrétée le 9 décembre est en fait un lock-out déguisé.

«On le voit maintenant, ils ont fermé à l'approche des Fêtes pour nous faire languir et ils nous arrivent avec cette offre finale en disant qu'ils fermeront pour de bon si on ne l'accepte pas», commente le vice-président.

Papiers White Birch, qui possède aussi les usines Papier Masson de Gatineau et F.F. Soucy de Rivière-du-Loup, est depuis près de deux ans sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, croulant sous un lourd passif de plus de 900 millions $.

Un acquéreur potentiel, le fonds d'investissement Black Diamond, offre 150 millions $ pour les trois usines, mais demande la fin du régime de retraite des employés, en déficit actuariel de 312 millions $.

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