Durant trois jours, la visite monopolisera le premier ministre du Québec et le maire de la capitale. Dans leur sillage, 25 personnes du milieu des affaires, exclusivement, prendront contact avec la réalité du Nord - et la façon d'y faire commerce. Il s'agit de la première tournée sur le territoire nordique par les leaders économiques d'une région. Un des participants, David Tremblay, de Simard Suspensions, y voit «la volonté [gouvernementale] de faire bénéficier aux entreprises [de Québec] des "opportunités" d'affaires» que provoque le Plan Nord.
Sur place pour animer la session d'information, le ministre Clément Gignac (Ressources naturelles et Faune) a soutenu que «pour faire de la business dans le Nord, il faut que tu y ailles!»
Comme dans les pays «émergents», a-t-il donné en exemple, les entreprises au nord du 49e parallèle doivent souvent fonctionner sans être reliées au réseau d'Hydro-Québec, tandis que les utilisateurs d'Internet doivent compter sur un lien par satellite, faute de le faire par fibre optique.
La délégation - et sa suite de journalistes et fonctionnaires - ne dépassera pas les limites du Moyen Nord. Elle s'arrêtera d'abord à Radisson, le coeur administratif du complexe hydroélectrique La Grande, notamment pour visiter la plus grande centrale souterraine au monde, celle de LG-2, surnommée la «cathédrale».
Lundi, les participants se rendront dans le village cri d'Oujé-Bougoumou, établi en 1992. Les membres de la mission économique iront ensuite à Chibougamau, plus précisément à Chantiers Chibougamau. Il s'agit de la seule entreprise à avoir présenté une soumission pour intégrer le bois comme matériau dans le futur amphithéâtre que veut bâtir le maire Labeaume.
La dernière journée sera consacrée à une visite du site de la future mine d'or Éléonore, à 320 kilomètres au nord de Matagami, sur la route de la Baie-James. Si les projections de la firme canadienne Goldcorp se matérialisent, l'exploitation de ce qui serait la plus importante mine aurifère souterraine au pays démarrera en 2016.
Le ministre Gignac a insisté sur l'immense incidence que peuvent avoir les projets que soulève le Plan Nord. Selon lui, un climat d'investissement s'est créé menant au fait qu'au Québec, des promoteurs mûrissent 15 plans représentant chacun 1 milliard $ ou plus d'investissements. Ce qui serait deux fois plus qu'en Ontario. Pour chaque emploi dans le Nord, il s'en crée deux au sud, chez les fournisseurs, a-t-il plaidé.
Pour l'homme d'affaires David Tremblay, la tournée donne l'occasion de «mieux comprendre» la mentalité des communautés nordiques et de s'adapter aux besoins de futurs clients. Il voit d'un bon oeil des partenariats avec les autochtones cris, notamment.
NDB Technologie sera de la tournée. La firme fait déjà affaire avec Hydro-Québec pour vendre ses appareils augmentant fiabilité et sécurité des réseaux électriques. Son pdg Luc Hamel est de la virée «pour viser [la poursuite] d'une croissance profitable». Mais, à très long terme, «cela va nous ouvrir des portes à la grandeur du monde».