«Il y a un mouvement pour que les employés et les retraités deviennent actionnaires de cette usine», a confirmé mercredi au Soleil André Sarrasin, qui a dirigé les destinées de la papetière White Birch dans les années 90 et au début des années 2000.
Une rencontre est d'ailleurs prévue au début du mois de janvier à Québec, où des retraités et des travailleurs de Papiers White Birch recevront de l'information sur le projet de former une coopérative de travail.
Papiers White Birch, qui possède des usines à Québec (Stadacona), à Rivière-du-Loup (F.F. Soucy) et à Gatineau (Papiers Masson), est placée sous la protection de la Loi des arrangements avec les créanciers depuis février 2010.
Dans un geste inusité, la papetière a procédé le 9 décembre à la fermeture de son usine de Québec, jetant 600 travailleurs à la rue.
La papetière croule sous des dettes de plus 900 millions $, alors que les régimes de retraite de l'entreprise affichent un manque à gagner de plus de 300 millions $.
Solution logique
Selon M. Sarrasin, la création d'une coopérative apparaît en ce moment comme la solution la plus logique pour sauver l'usine Stadacona d'une fermeture définitive et assurer la survie à long terme des régimes de retraite de la papetière. Pour mettre la main sur l'usine Stadacona, l'ancien dirigeant de Papiers White Birch pense que la Cour supérieure du Québec devrait autoriser d'autres acheteurs potentiels à se manifester.
Pour l'heure, le fonds d'investissement Black Diamond (qui offre 150 millions $ pour racheter les trois usines de Papiers White Birch) a jusqu'au 17 février pour s'entendre avec les travailleurs de la papetière. La semaine dernière, les travailleurs des usines de Rivière-du-Loup et de Gatineau ont rejeté à 99 % les dernières offres patronales.
Mise de fonds
Les calculs préliminaires effectués par l'ancien dirigeant de Papiers White Birch font état d'une possible mise de fonds de départ d'au moins 25 millions $.
Chaque membre de la coopérative serait alors invité à injecter 2000 $ pour chaque part sociale dans l'entreprise.
D'importants partenaires financiers potentiels (fonds d'investissement) auraient également signifié leur intérêt dans le projet. Ces derniers pourraient prendre une participation minoritaire dans la coopérative.
M. Sarrasin, aujourd'hui âgé de 77 ans, estime que les retombées économiques annuelles (salaires, achats, taxes, dépenses, etc.) de l'usine Stadacona dans la région de Québec s'élèvent à environ 250 millions $. «Pour chaque emploi à l'usine Stadacona, cinq autres en dépendent dans la région», a-t-il fait savoir.
André Sarrasin se dit même prêt à revenir à la barre de l'usine Stadacona pour relancer les activités et assurer sa rentabilité à plus long terme. D'après ce dernier, l'usine Stadacona aurait encore une espérance de vie estimée entre 10 et 15 ans. «N'oublions pas que tous les gains de cette usine seraient alors réinvestis dans l'entreprise et dans nos régimes de retraite», a-t-il ajouté.