Le boum minier se poursuit

Robert Marquis, directeur général de Géologie Québec, Michel Gauthier, professeur... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Robert Marquis, directeur général de Géologie Québec, Michel Gauthier, professeur de prospection minière à l'UQAM et Ghislain Poirier, président de l'AEMQ

Le Soleil, Caroline Grégoire

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Le secteur minier est en ébullition. Les perspectives sont nombreuses, autant pour les entreprises que pour les chercheurs d'emploi. À l'occasion du congrès Québec Mines, l'équipe du Soleil fait le point sur cette industrie. »

Louis Tanguay
Louis Tanguay
Le Soleil

(Québec) Les dépenses en exploration minière au Québec explosent en 2011 et devraient atteindre un nouveau record absolu à 718 millions $, selon les intentions des explorateurs miniers révisées par l'Institut statistique du Québec.

Cette hausse de plus 40% par rapport aux 512 millions$ de 2010 survient alors que l'ensemble des investissements miniers devrait se maintenir au même niveau qu'en 2010 quand l'industrie minière a frôlé les 3 milliards$.

Ces nouvelles données ont été rendues publiques hier à l'ouverture de Québec Exploration, un forum qui réunit dans la capitale plus de 2000 personnes de ce secteur.

C'est Géologie Québec, la division du ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) responsable des programmes de recherche géoscientifique, qui organise la rencontre annuelle en partenariat avec l'Association de l'exploration minière du Québec (AEMQ).

Hier, son directeur général, Robert Marquis, a annoncé le dévoilement de 62 nouvelles «cibles d'exploration». Ces informations devraient selon le MRNF générer d'importants investissements en exploration minière dans les prochaines années.

L'activité minière migre de plus en plus vers le nord, constate le président de l'AEMQ, Ghislain Poirier. Selon lui, la «locomotive» que représente le Plan Nord du gouvernement du Québec offre une occasion exceptionnelle de développer le potentiel minier de cette région de façon intelligente et intégrée tout en respectant son territoire et sa population.

Le Québec, précise M. Marquis, est la province la mieux dotée au chapitre de l'acquisition de connaissances de géologique.

Grâce à un fonds dédié alimenté par les redevances versées par les sociétés qui exploitent son sous-sol, le Ministère consacre annuellement 12 millions$ à sa cueillette d'informations et doit recruter dans plusieurs universités en France pour combler ses besoins d'expertise professionnelle.

La rareté

Président d'honneur du rendez-vous qui se poursuit jusqu'à demain, le professeur de prospection minière à l'UQAM Michel Gauthier se souvient du début des années 2000 quand le gouvernement québécois n'avait plus un cent pour envoyer ses géologues sur le terrain.

En entrevue au Soleil, il a par ailleurs expliqué le «trou épouvantable» qui s'est creusé dans la formation de nouveaux géologues, ingénieurs miniers et autres professionnels liés au développement minier.

La chute du mur de Berlin a ouvert aux capitaux miniers d'immenses territoires jusque-là inaccessibles non seulement en URSS, mais aussi dans ses pays satellites. Leurs gîtes minéraux y étaient pourtant bien identifiés. Les promoteurs ayant ainsi des réserves importantes à portée de la main ont alors congédié leurs équipes de recherche et trois des cinq programmes des sciences de la terre dans des universités québécoises ont été fermés.

L'universitaire se souvient même d'avoir entendu à l'aéroport de Val-d'Or un ingénieur minier dire à un collègue qu'il s'en allait travailler à Montréal, dans une usine de «petits pois».

Dans les années 90, la Chine et l'Inde étaient encore des «bébés» en termes de consommation de minéraux, mais ils sont devenus de «gros adolescents» assoiffés de ressources.

Il résulte de cela un problème majeur et sérieux de main-d'oeuvre, au Québec comme ailleurs dans le monde.

Le professeur Gauthier s'insurge par ailleurs contre la notion de «ressource non renouvelable» qu'on accole aux minéraux.

C'est inadéquat, dit-il, parce que c'est l'utilité qu'on lui trouve qui fait qu'une roche devient un minerai. Nous ne savons pas, dit-il, de quoi l'économie aura besoin dans 40 ou 50 ans.

Au Québec, il y a 5000 ans, c'est le silex qui était en forte demande pour la fabrication de pointes de flèches et jusqu'au milieu du siècle dernier, l'uranium n'avait aucune valeur.

Dans la même veine, dit le spécialiste, il voit comme inéluctable la tendance à exploiter à de très forts tonnages des gisements à faible teneur. Extraire une tonne de minerai par des galeries souterraines peut coûter jusqu'à 75 $, tandis que dans une fosse à ciel ouvert, la même tonne coûte entre 4 et 5 $ à amener à la surface.

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