Pétrole à Anticosti: 3000 milliards $ échappent à Hydro

(Québec) Hydro-Québec était-elle au courant du potentiel pétrolier lors de la vente de ses permis de forage dans l'île d'Anticosti en 2008? La question vaut maintenant 3000 milliards $.

C'est du moins ce qu'estime la société Pétrolia (PEA : TOR), qui a acquis les 35 permis d'exploration (6300 km2) d'Hydro-Québec il y a quelques années. Hier, Pétrolia et son partenaire Corridor Ressources ont fait savoir que le potentiel de leurs réserves de pétrole sur l'île d'Anticosti s'élevait à 31 milliards de barils.

Au prix actuel du marché (95 $ hier), les 31 milliards de barils auraient une valeur brute de tout près de 3000 milliards $. La nouvelle, aussitôt annoncée, a fait bondir de 31 % le titre de Pétrolia à la Bourse de Toronto, qui a terminé la journée à 2,48 $, en hausse de 58 ¢.

Pour connaître le potentiel de ses réserves, Pétrolia a fait appel à la firme Sproule Associates de Calgary. Après avoir procédé à des relevés sur le terrain, Sproule estime à 90 % les chances que le volume de pétrole atteigne au moins 19,8 milliards de barils (estimation basse) sur les permis détenus par Pétrolia et Corridor Ressources.

À l'inverse, les réserves contenues dans les schistes de Macasty, dans l'île d'Anticosti, selon l'estimation haute (10 %), pourraient s'élever à 48,2 milliards de barils. Hier, le président de Pétrolia, André Proulx, avait du mal à cacher sa joie. «C'est très prometteur», a-t-il indiqué en rappelant que d'autres travaux de recherche et d'analyses seront nécessaires puisque le programme d'exploration dans Anticosti en est à ses premières étapes.

Selon M. Proulx, la méthode d'extraction de cette ressource non conventionnelle devra se faire par voie de fracturation.

«Le pétrole est contenu dans la roche. Il faudra alors trouver une façon rentable d'aller le chercher», a-t-il expliqué.

Au courant?

Chez Hydro-Québec, on soutient qu'aucun membre de la haute direction de la société d'État n'était au courant du potentiel des réserves pétrolières renfermées dans l'île d'Anticosti lors de la vente de ses permis à Pétrolia. «Ce sont des études nouvelles pour nous», a fait savoir hier le porte-parole Guy L'Italien au Soleil. Hydro-Québec, par l'entremise de sa division Pétrole et Gaz, a pourtant procédé à des travaux d'exploration dans l'île d'Anticosti entre 2002 et 2007.

Des travaux qui a­vaient coûté tout près de 10 millions $.

Une étude de faisabilité menée à l'époque par la multinationale Shell avait également estimé le potentiel pétrolier de l'île d'Anticosti à 30 milliards de barils.

Quoi qu'il en soit, Hydro-Québec refuse toujours de dévoiler la «redevance prioritaire» qu'el­le pourrait toucher sur une éventuelle production pétrolière à Anticosti. Une entente signée avec Pétrolia lors de la cession de ses 35 permis d'exploration. Pour le critique en matière d'énergie et député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, le gouvernement du Québec se comporte en véritable «république de bananes» en ne forçant pas Hydro-Québec à dévoiler le montant de cette redevance. «C'est digne d'une économie coloniale», a-t-il laissé entendre hier.

Chose certaine, le pdg de Pétrolia n'a pas l'intention de dévoiler cette fameuse entente sur les redevances, du moins à court terme. «Une fois que nous serons en production, il nous fera alors plaisir de fournir l'information», a fait savoir M. Proulx.

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