Les rares survivants du vélo québécois

Antoine Aubert-Larose, directeur des ventes chez Xprezo, estime... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Antoine Aubert-Larose, directeur des ventes chez Xprezo, estime qu'il y a beaucoup de travail à faire auprès de la population pour lui faire comprendre la noblesse de l'acier.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

(Québec) Alors que l'industrie du cyclisme se tourne vers l'Asie pour diminuer ses coûts de production, quelques rares entreprises québécoises ont réussi à se tailler une place dans le marché avec des produits conçus dans la province.

Très peu de bolides à deux roues de marques québécoises ont été produits en réalité dans la province. Devinci, un des plus gros joueurs de l'industrie, confie - comme presque tous ses concurrents - une partie de sa production aux usines asiatiques. L'entreprise de Chicoutimi appose ainsi «dessiné et assemblé au Québec» sur ses articles. Mais jamais «produit au Québec». Cette conception partagée se retrouve également chez Louis Garneau, Argon 18 ou encore Opus.

Pour les amateurs de terroir mécanique, quelques marques plus éclectiques s'établissent tranquillement dans le paysage. Xprezo (Bromont), Marinoni (Terrebone) et Guru (Laval) tentent ainsi de préserver le marché de la production québécoise devant la concurrence asiatique. Leur secret : des vélos fabriqués à la main dans des ateliers d'ici.

«C'est notre unicité. C'est comme ça qu'on se démarque. On ne veut pas compétitionner des compagnies comme Specialized, Trek et Giant», explique Antoine Aubert-Larose, directeur des ventes chez Xprezo, rencontré hier au Salon Info-Vélo. «On est un fabricant de produits plus raffinés, plus exotiques, qui sont plus haut de gamme. On croit vraiment à la noblesse des matériaux qu'on utilise.»

Le matériau «noble» utilisé dans la nouvelle génération des vélos québécois est aussi ancien que la bicyclette : l'acier. Cet alliage a été marginalisé depuis 20 ans, alors que l'aluminium et le carbone dominent l'industrie.

Xprezo, comme Marinoni et Guru, tentent de ressusciter l'acier dans le coeur des Québécois. «Quand on parle d'acier, les gens qui n'ont pas une grande culture cycliste, la première chose qu'ils ont en tête, c'est l'enclume qui tombe sur la tête du coyote dans les Looney Toons! Alors ça doit être lourd, l'acier. Donc, il faut expliquer la finesse des matériaux, leur faire comprendre la noblesse de l'acier. Il y a encore beaucoup de travail à faire là-dessus.» L'acier moderne est ainsi plus léger que celui des années 80. Plus durable que l'aluminium, il transmet moins les vibrations sur la route.

Marinoni est une autre entreprise québécoise qui fabrique encore elle-même des cadres en acier et en titane. Ces vélos sont toutefois moins distribués dans la région. «Les gens connaissent le produit Marinoni depuis longtemps, mais il n'était pas disponible facilement dans la région de Québec. Les gens sont surpris de l'avoir, et de le voir ici», explique Jean-Pierre Laforêt, d'Option Vélo, nouveau dépositaire de la marque à Québec. «C'est bien parce qu'on se fait souvent poser des questions sur les produits québécois», conclut ce dernier.

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