Investir dans la LNH ne serait pas rentable pour une caisse de retraite

Éric Gosselin, président de l'Association des pompiers, et... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Éric Gosselin, président de l'Association des pompiers, et Jean Gagnon (photo), président du syndicat des cols blancs, ont considéré, avec les trois autres grands syndicats de la Ville, investir une partie de l'actif de leur caisse de retraite dans l'achat d'une équipe de la Ligue nationale de hockey.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Isabelle Mathieu

(Québec) Les cinq grands syndicats qui représentent plus de 5000 employés de la Ville de Québec ont discuté de la possibilité d'investir une partie de l'actif de leur caisse de retraite dans l'achat d'une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH). Une hypothèse vite enterrée, dit-on, parce que non rentable.

Les présidents du Syndicat des fonctionnaires municipaux (2000 membres), du Syndicat des employés manuels (1500 membres), de l'Alliance des professionnels (420 membres), de l'Association des pompiers professionnels (420 membres) et de la Fraternité des policiers (715 membres) se sont rencontrés il y a quelques semaines pour explorer l'idée d'investir une partie de l'actif de leur régime de retraite dans une équipe de la LNH.

Au total, la fusion de tous les régimes de retraite de ces 5000 employés de la Ville de Québec représente un actif de près de 1,4 milliard $. Les syndicats évaluaient l'investissement dans un club de hockey à environ 130 millions $.

Les discussions, menées, selon nos informations, à l'initiative des cols blancs devaient demeurer secrètes, mais le président du syndicat des fonctionnaires, Jean Gagnon, a décidé de les évoquer en entrevue à CHOI FM jeudi matin.

«On voulait voir si ça pouvait être rentable d'investir dans un club de hockey, mais on s'est fait dire que jamais on ne rentabiliserait ça sans autres plates-formes pour amortir les coûts», indique Jean Gagnon, en entrevue au Soleil.

Une analyse somme toute assez sommaire, conviennent les représentants syndicaux, a démontré que ce placement n'était pas recommandable.

«Ce n'était pas pensable de faire un investissement direct», dit Marc-André Dufour, président du syndicat des cols bleus. «Peut-être que ça aurait pu se faire au sein d'un groupe et encore.»

Les employés municipaux se font souvent reprocher d'avoir un régime de retraite extrêmement onéreux, fait remarquer Éric Gosselin, président de l'Association des pompiers.

«On regardait la possibilité de maximiser nos investissements, voir si c'était un bon placement autant pour la Ville que pour nous, résume-t-il. Si ça avait été gagnant à coup sûr, ça aurait pu être intéressant, mais ça a été rejeté. Est-ce que dans le futur, ça pourrait être intéressant? On verra.»

À la recherche de rendement

Les caisses de retraite des employés possèdent déjà plusieurs placements immobiliers, infrastructures, actions et obligations, fait valoir Éric Gosselin, et elles cherchent toujours de meilleurs rendements.

Mais elles n'ont pas une grosse tolérance au risque, assure-t-il. «Si on prend l'exemple des pompiers, présentement, comme on est une caisse de retraite mature, avec autant de participants que de retraités, on ne prend jamais de gros risques», dit M. Gosselin.

Du côté de la Fraternité des policiers et de l'Alliance des professionnels, on affirme avoir participé à la rencontre dans le strict but de s'informer.

«Chez nous, le sujet a à peine été effleuré et à peine réfléchi, affirme Me Denis Lavallée, président de l'Alliance des professionnels. J'ai écouté d'une oreille, car, à mon sens, ça ne fait pas partie de notre mission.»

Les présidents des syndicats n'avaient pas mis leurs membres ou leurs comités de retraite au courant de la démarche exploratoire. Aucune rencontre avec la partie patronale, partenaire de la caisse de retraite, n'avait été organisée.

L'exemple de Teachers

En Ontario, Teachers, le régime de retraite des enseignants, est propriétaire de 66 % de la compagnie détenant les Maple Leaf de Toronto (LNH) et les Raptors de Toronto (NBA).

Teachers est la seule caisse de retraite en Amérique du Nord à détenir un tel poids au sein d'une équipe de sport professionnel.

La caisse de retraite des enseignants ontariens a acheté 49 % des actions des Maple Leafs de Toronto (devenu MLSE) pour 50 millions $ en 1994. Elle a acquis un nouveau bloc de 9,4 % des actions pour environ 94 millions $ en 2003, puis un autre bloc de 7,7 % des actions pour environ 139 millions $ en 2009.

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