Pétrolia maintient que ses ententes doivent demeurer secrètes

Hydro-Québec a cédé ses droits à Pétrolia sur... (Collaboration spéciale Carl Thériault)

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Hydro-Québec a cédé ses droits à Pétrolia sur 35 permis, en échange d'une redevance prioritaire.

Collaboration spéciale Carl Thériault

La société Pétrolia, qui a été impliquée dans la récente tempête politico-médiatique du «trésor» pétrolier sur l'île d'Anticosti, souhaite que l'entente qui lui a permis d'acheter les droits sur les permis d'Hydro-Québec demeure con­fidentielle, con­trai­rement à la volonté du gouvernement.

Le président de la société d'exploitation pétrolière, André Proulx, a profité de l'assemblée des actionnaires de l'entreprise, qui s'est tenue vendredi à Québec, pour remettre les pendules à l'heure.

«En ce qui nous concerne, les dispositions de l'entente sont protégées par une clause de confidentialité et doivent le demeurer. Comme certains aiment bien le prétendre, je ne crois pas que l'éléphant se soit laissé bouffer par la souris que nous sommes», a-t-il déclaré.

M. Proulx fait allusion aux déclarations du Parti québécois qui a notamment accusé le gouvernement d'avoir cédé un «trésor» au secteur privé en 2008, en «vendant à rabais» les 35 permis que détenait Hydro-Québec sur l'île d'Anticosti.

Il estime que l'entente a été «négociée de bonne foi» et qu'elle a le mérite de maintenir des intérêts québécois sur le territoire, en plus d'avoir réactivé les travaux d'exploration sur la plus grosse île de la province.

«On n'a pas de raisons comme société commerciale de participer à des débats de nature politique, dans ce cas-ci avec un major comme Hydro-Québec. On s'est assis les deux, on a négocié. Si quelqu'un avait dû se faire attraper, c'est moi. Faites donc confiance à Hydro-Québec», dit André Proulx.

«Souci de transparence»

Au plus fort de la tempête il y a deux semaines, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a indiqué qu'elle avait demandé à Hydro-Québec de lui remettre une copie des ententes signées avec Pétrolia.

«Hydro-Québec souhaitait con­server l'information confidentielle. Moi, j'ai dit non, non, non. Dans un souci de transparence, on va s'assurer que les ententes soient rendues publiques», avait alors déclaré Mme Normandeau.

Mais cette action nuirait à l'avenir du développement québécois, selon M. Proulx, qui affirme que des discussions avec des partenaires potentiels ont été rompues à la suite de la polémique.

«On ne veut pas se remettre sur la place publique. Si Mme Normandeau pense qu'il est nécessaire de faire une sortie publique, elle en reparlera, mais pour l'instant, laissez-nous décanter ça. On ne pense pas que ça va nous aider à aller chercher du pétrole pour Anticosti. Ça nous appartient, on l'a acheté, on a payé ce qu'il y avait à payer. Maintenant, on veut continuer», tranche le président de la société qui a pignon sur rue à Rimouski.

«Si on veut faire une déclaration dans un an ou dans deux ans, laissez-nous donc trouver du pétrole», ajoute M. Proulx, en rappelant que Pétrolia n'a toujours pas identifié le potentiel réel de l'île d'Anticosti en pétrole de shale.

L'entreprise compte d'ailleurs mandater des experts indépendants pour valider les estimations faites à l'interne et, du même coup, rassurer le marché.

Réactions politiques

Devant le refus de Pétrolia de divulguer la teneur de l'entente, le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, craignait vendredi que l'entente soit à l'avantage des actionnaires de la société junior, plutôt qu'à celui des Québécois.

«Cette entente ne peut demeurer secrète. La ressource n'appartient pas à Pétrolia, mais aux Québécois. La parole d'une vice-première ministre a-t-elle encore une valeur? Nathalie Normandeau a pris un engagement, elle doit le respecter», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Mais Mme Normandeau a affirmé qu'il n'existe aucun recours et qu'Hydro-Québec s'exposerait à des poursuites en divulguant des clauses de l'entente alors que Pétrolia s'y oppose.

«Évidemment, ça me déçoit par­ce que, comme ministre des Ressources naturelles, j'ai manifesté le souhait qu'elles soient rendues publiques, a-t-elle dit à La Presse Canadienne. Maintenant, c'est la prérogative de Pétrolia de refuser de rendre cette entente publique. Ils le font probablement pour des raisons de nature commerciale et stratégique.» La ministre a par contre évoqué la possibilité que des éléments de l'entente, qui ne seraient pas soumis aux règles de confidentialité, soient rendus publics.

L'action de Pétrolia a retraité vendredi de 4 ¢ à la Bourse de croissance TSXV, où elle a clôturé à 1,34 $.

Avec La Presse Canadienne

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