Dans sa première entrevue depuis qu'il a été nommé président du conseil d'administration de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Lucien Bouchard a déclaré jeudi soir qu'il croyait pouvoir convaincre ses membres d'augmenter les redevances versées à l'État québécois pour l'exploitation du gaz de schiste.
L'ancien premier ministre du Québec a fait ces déclarations à l'animatrice Anne-Marie Dussault lors de l'émission 24 heures en 60 minutes sur les ondes de RDI. «Au nom de l'intérêt public, il faut s'assurer que la population québécoise ait sa juste part [...] Les redevances à 12 %, il faut changer ça et l'aligner sur ce qui se fait ailleurs», a-t-il déclaré.
«Les membres de mon association devront accepter de se moduler sur ce qui se passe ailleurs. Je vais me tourner vers eux et je vais les convaincre de ça», a-t-il poursuivi. Il n'a pas écarté non plus d'augmenter les redevances jusqu'à 51 % comme en Norvège.
«Si c'est ça qu'il faut faire, faisons-le!» a-t-il lancé, ajoutant que les compagnies gazières devraient s'attendre à payer au Québec des redevances du même niveau que celles qu'elles paient ailleurs.
Lucien Bouchard s'est toutefois prononcé contre la nationalisation du gaz de schiste, y préférant un partenariat avec l'industrie, et contre un moratoire sur l'exploration, soulignant que le seul endroit dans le monde où un moratoire avait été appliqué était l'État de New York, et uniquement pour les nouveaux puits.
«Le grand problème, c'est qu'on pense qu'un moratoire serait une panacée. Pourquoi le Québec serait le seul endroit au monde à ne pas exploiter ses ressources?» a-t-il demandé.
Le président de l'APGQ a aussi rappelé que le Québec payait 2 milliards $ par an pour importer du gaz naturel d'Alberta et que le développement de la filière du gaz de schiste pourrait contribuer à remplacer ces achats, ainsi que le mazout qui est un carburant très polluant.