Gaz de schiste: Lucien Bouchard remplace André Caillé

Le Soleil

(Québec) Le Parti québécois (PQ) a avalé un peu de travers à deux reprises, mardi. D'abord, en apprenant la nomination de son ancienne ministre Diane Lemieux à la tête de la Commission de la construction du Québec. Ensuite, en constatant que l'ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard succédera à André Caillé à la présidence de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ).

Mais pas question pour le PQ de battre en retraite, ni sur le moratoire qu'il réclame sur l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste, ni sur la création d'une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction et ses ramifications.

Par voie de communiqué, Lucien Bouchard n'a pas fait mystère de sa position: «Je vois la découverte au Québec de volumes importants de gaz naturel comme un atout très important pour notre développement économique et le financement des missions de notre État.»

Optimiste, le président sortant de l'APGQ, André Caillé, s'est dit «convaincu» que M. Bouchard «sera en mesure de rallier les Québécois autour de ce projet créateur de richesses» que constitue selon lui l'exploitation des gaz de schiste au Québec.

Les derniers mois ont été difficiles pour M. Caillé sur le plan personnel. Il a souvent été hué dans des assemblées publiques.

En entrevue au <I>Soleil<$>, mardi, la vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, s'est réjouie de la nomination de M. Bouchard.

Il est un «homme de gros bon sens, crédible et rigoureux». Son arrivée dans le dossier est de nature à «assainir» un débat qui a trop dérapé, selon elle.

L'adéquiste Gérard Deltell, favorable au développement de la filière gazière, a lui aussi, évidemment, accueilli avec enthousiasme le changement de garde à l'APGQ. Il croit que Lucien Bouchard avancera là où le gouvernement de Jean Charest a échoué.

Il a fait valoir que l'ancien premier ministre péquiste «a des réalisations» à son actif, possède du «leadership» et «a la confiance des Québécois».

Le chef adéquiste a souligné qu'un autre ancien leader du PQ, André Boisclair, voit également d'un bon oeil les gaz de schiste.

Les députés du Parti québécois n'avaient pas tellement envie de commenter cette nouvelle, mardi. Pesant ses mots, l'élu de Matane Pascal Bérubé a dit qu'il était «étonné».

Le porte-parole officiel du Parti sur les questions énergétiques, Sylvain Gaudreault, pense que l'arrivée de Lucien Bouchard à l'APGQ est le prélude à l'imposition d'un moratoire par le gouvernement Charest, moratoire que le PQ continue de réclamer.

M. Gaudreault laisse entendre que l'Association pétrolière et gazière du Québec a besoin des «qualités et des compétences» de négociateur d'un homme comme Lucien Bouchard, au cas où des dédommagements devraient être négociés.

Un peu comme le gouvernement Charest, M. Bouchard a tenu à donner le change en se disant conscient «de la nécessité de procéder à ce développement dans le plein respect d'exigences exemplaires du point de vue de l'environnement, de la sécurité publique, de la transparence et de l'acceptabilité sociale».

La semaine dernière, le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, a tapé du poing sur la table. Il a affirmé que le développement de cette industrie au Québec se fera proprement ou ne se fera pas.

Lucien Bouchard a été premier ministre du Québec de 1996 à 2001, mais également ministre de l'Environnement au fédéral.

Sa nomination sera en vigueur à compter du 21 février.

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