«Depuis 20 ans, la fréquence des accidents a diminué de 76 %», indique Pierre Thibault, directeur des services techniques à l'Association minière du Québec (AMQ). Alors qu'en 1991, il se produisait dans les mines 16,4 accidents par 200 000 heures travaillées - l'équivalent du travail effectué par 100 travailleurs sur une année -, en 2009 il ne se produisait plus que 5,1 accidents.
Pour les sept premiers mois de 2010, la fréquence a diminué à quatre accidents par 200 000 heures travaillées. Cette performance est cependant assombrie par trois accidents mortels qui ont fait cinq morts depuis un an, dont l'accident de Desmaraisville. «C'est certain que travailler dans une mine, ce n'est pas une job de bureau, mais c'est quand même relativement sécuritaire», souligne Donald Noël, coordonnateur de la région Nord-Nord-Ouest pour le Syndicat des métallos (FTQ). «L'employeur a d'ailleurs tout intérêt à faire appliquer les règlements de sécurité.»
L'amélioration du bilan sécurité du secteur minier ne s'est pas faite tout seule, note M. Thibault. «Il y a eu une réelle prise en charge par le milieu, un véritable changement de mentalité.»
«La sécurité dans les mines, c'est la priorité numéro un au Québec», assure Claude Ferland, ingénieur minier et expert en prévention et en inspection pour la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).
La CSST, l'industrie et les travailleurs se sont réunis pour mettre en place plusieurs programmes de santé et de sécurité au travail, ainsi que pour réviser la réglementation sur une base continue.
L'un des premiers éléments mis en place a été le programme de formation modulaire du minier, en 1995. «Toute personne qui travaille sous terre reçoit cette formation, explique M. Thibault. C'est une des initiatives qui a le plus aidé à réduire la fréquence des accidents.»
L'accent a aussi été mis sur le contrôle du terrain, pour éviter les chutes de roches et les effondrements. «Il y a 20 ans, il y avait plusieurs accidents causés par les chutes de roches et les chutes de terrain. Aujourd'hui, ces événements ne représentent plus que 5 à 10 % des accidents, et on ne parle plus de chutes de terrain. D'ailleurs, plus rien ne se fait sous terre sans plans et devis au préalable», souligne M. Thibault.
«Au Québec, il y a toujours des ingénieurs miniers, accompagnés d'un géologue, qui préparent des plans et devis pour s'assurer de la solidité du sol avant que l'on effectue des travaux», précise M. Noël, du Syndicat des métallos. «Un effondrement comme celui qui s'est produit au Chili risque peu d'arriver ici.»
Un comité permanent s'occupant de la révision de la réglementation réunit à la même table employeurs, travailleurs et CSST. «On se réunit plusieurs fois par année pour débattre et ajuster les règlements. Et ce n'est pas imposé par la CSST, tout se fait par comité paritaire», insiste M. Ferland. «Par exemple, nous avons décidé dernièrement d'obliger la mise en place d'une double paroi à l'entrée des refuges, ce qui permet d'y conserver une pression positive en cas d'incendie et d'améliorer les chances de survie des travailleurs», explique M. Noël.
Inspections
Finalement, la CSST s'assure que toute cette réglementation est respectée en dépêchant une équipe d'inspection qui fait régulièrement la tournée des mines.
«Notre équipe compte une dizaine d'inspecteurs pour une trentaine de mines en opération au Québec, précise M. Ferland. Nous visitons les mines sur une base hebdomadaire et mensuelle pour s'assurer d'éliminer les risques à la source.»