La valeur des permis de bâtir et le marché de la revente sont deux indicateurs fiables de la santé économique d'une région, d'une province ou d'un pays. Achat le plus important que peut faire un ménage, la résidence est le bien de consommation ultime dans une économie de marché, car elle est à la fois un investissement et la source de nombreuses autres dépenses de consommation.
Au cours des 20 dernières années, le nombre de transactions immobilières - 94 % de ces transactions concernent le marché résidentiel - a plus que doublé dans la grande région de Québec. De 2005 à 2009, la valeur des permis de bâtir résidentiels dans la région de la Capitale-Nationale s'est appréciée de 24,5 %, pour un taux de croissance annuel de 9,2 %. En comparaison, pendant la même période pour l'ensemble du Québec, la valeur des permis de bâtir résidentiels a décru de 5,7 %, pour un taux moyen annuel de - 1,6 %. Même la récente récession n'a pas semblé freiner les ardeurs des acheteurs.
«Quand nous sommes entrés en récession, en décembre 2008, l'effet psychologique a été important», explique Gina Gaudreault, directrice générale de la Chambre immobilière de Québec. «Nous avons senti un ralentissement au cours des premiers mois de 2009; les gens étaient prudents. Mais dès le printemps, on s'est aperçus que Québec s'en sortait finalement très bien, et les ventes sont reparties de plus belle.»
La valeur des permis de bâtir a suivi exactement le même chemin, comme en fait foi le tableau de cette page. La région a atteint son creux le plus bas en six ans en février 2009 pour ensuite rebondir jusqu'au sommet de janvier 2010.
Le mouvement ne semble pas sur le point de s'essouffler. Si le marché immobilier joue aux montagnes russes depuis le début de l'année, la structure économique de la région, jumelée à de bas taux d'intérêt et de chômage, laisse entrevoir encore beaucoup de mouvement.
Le paysage se transforme
Évidemment, tous ces permis de bâtir ont tôt fait de se transformer en résidences en briques, en bois, en métal et en béton. De nouvelles rues ont été ouvertes, de nouveaux quartiers sont apparus, et le visage de la région s'est sensiblement transformé depuis 10 ans. À un point tel que les villes doivent maintenant revoir leurs orientations de développement résidentiel. Québec, par exemple, a présenté en juin son plan de mobilité durable dans lequel elle dévoile ses intentions en la matière pour les prochaines années, voire décennies.
Plus au nord, la transformation est tout aussi grande. La banlieue se rapproche : Stoneham et Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier n'ont jamais été aussi près du centre-ville de Québec. Et les pentes de ski du mont Saint-Castin ont maintenant fait place à un quartier résidentiel. Au sud, de l'autre côté du fleuve, la tendance est la même : l'allure du boulevard Alphonse-Desjardins, à Lévis, change aux six mois.
Que l'on soit investisseur, propriétaire ou entrepreneur, les prochaines années s'annoncent tout aussi intéressantes que la dernière décennie.