Entente avortée entre Hydro et Énergie NB: un mauvais calcul politique

Les premiers ministres du Québec et du Nouveau-Brunswick,... (La Presse Canadienne)

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Les premiers ministres du Québec et du Nouveau-Brunswick, Jean Charest et Shawn Graham, en compagnie de Nathalie Normandeau, ministre des Ressources naturelles du Québec, et Jack Keir, ministre de l'Énergie du Nouveau-Brunswick, lors de l'entente à Fredericton en octobre dernier.

La Presse Canadienne

(Québec) Un «mauvais calcul» politique a fait avorter le projet de vendre l'essentiel d'Énergie NB à sa rivale, Hydro-Québec, estime Jean-Thomas Bernard. Et ce ne sera pas sans conséquence pour Hydro, soutient l'universitaire.

Joint à Ottawa, le spécialiste en question énergétique de l'Université Laval a souligné que l'entente de principe comportait des côtés «avantageux» pour la province des Maritimes. «Ils ont du vieil équipement - des centrales au charbon -, une centrale nucléaire en rénovation [...] et, sur le fleuve Saint-Jean, ce qui pouvait être développé est développé.»

Contrairement à ce qu'avancent le premier ministre québécois Jean Charest et son homologue Shawn Graham (Nouveau-Brunswick), «foncièrement, je pense, a analysé M. Bernard, que c'est le Nouveau-Brunswick qui s'est retiré.

«L'opposition ne démordait pas. [M. Graham] a fait le mauvais calcul» politique de négocier un gel des tarifs résidentiels, alors que l'industrie aurait vu les siens reculer de 30 %. Il s'est montré très sceptique d'un autre aspect de la version officielle. «Je ne pense pas qu'Hydro, très compétente du point de vue technique, ait eu des surprises» avec de présumés coûts cachés.

Hydro perdra aussi dans cette déconfiture, a poursuivi Jean-Thomas Bernard. La société d'État aurait eu accès à un marché captif de 370 000 abonnés à très long terme, à 7,5 ¢ le kilowattheure. C'est loin des 10 pour de nouvelles installations de production d'électricité, a fait remarquer l'expert. «Mais c'était quand même un bon prix» dans le marché des exportations où les tarifs «ont beaucoup chuté».

Selon lui, «les grands gagnants, ce seront les alumineries. J'en suis très désolé», a-t-il mentionné. Il a rappelé qu'il a toujours été très critique des contrats dont bénéficient ces dernières, à 4,2 ¢ le kwh. «Comme [Hydro est] en situation de surplus, les alumineries en profiteront pour présenter de nouveaux projets.»

En octobre, au lendemain de l'accord de principe qui vient de dérailler, Québec avait indiqué que des pourparlers débutaient en vue d'accord avec l'Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse. Hier, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, a dit en point de presse que «rien n'est changé». Une porte-parole d'Hydro, ­Josée Morin, a cependant répondu au Soleil que les tractations «font l'objet d'une réévaluation».

Le critique du Parti québécois Sylvain Gaudreault a fait valoir que «depuis les six derniers mois, il y a eu beaucoup de réactions anti-Québec du côté du Nouveau-Brunswick. Et malheureusement [...] M. Charest n'a rien fait pour arrêter cela.» Selon lui, Hydro a fait preuve de négligence en indiquant «qu'elle ne connaissait pas le mauvais état des actifs qu'elle était en train d'acheter».

 

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