Syndicalisation des employés de Starbucks: Québec part le bal

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Il s'agira du premier café Starbucks syndiqué au Québec. Le projet de syndicalisation s'est amorcé il y a un mois.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

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Frédéric Denoncourt
Le Soleil

(Québec) Après un mois de démarches, les employés du café Starbucks du 1200, avenue de Germain-des-Prés ont déposé lundi matin leur demande d'accréditation syndicale auprès de la Commission des relations de travail.

La Commission devrait mener une courte enquête au cours des prochains jours pour s'assurer que les employés du café ont signé leur carte du syndicat en l'absence de toute contrainte et qu'ils ont acquitté leur droit d'adhésion.

Par la suite, la syndicalisation sera en vigueur, a confié au Soleil Simon Gosselin, un employé du café, à la tête du mouvement de syndicalisation.

«Dès que ce sera fait, le Syndicat des travailleurs et travailleuses de Starbucks sera autorisé et nous pourrons négocier une convention collective avec l'employeur.»

Il s'agira du premier café Starbucks syndiqué au Québec.

«Il y a environ un mois que le projet est sur la table. L'enjeu majeur était que l'employeur voulait nous obliger à travailler un minimum de 24 heures chaque semaine, sinon nous aurions été rétrogradés, avec perte de salaire. On aurait même pu perdre notre emploi. Or, nous sommes tous des étudiants et c'était impossible pour nous de travailler un minimum de 24 heures par semaine avec nos cours», continue Simon Gosselin.

L'obligation imposée par l'employeur de demeurer sur les lieux de travail durant les pauses café non payées était un autre irritant qui a incité les employés à se syndiquer. «Le fait d'être syndiqués nous permettra de négocier de façon solidaire avec l'employeur au lieu de n'être que des individus dont le seul recours était de démissionner en cas de désaccord», poursuit Simon Gosselin.

La question salariale ne serait pas au coeur de la démarche des employés de Starbucks. «On verra en temps et lieu car on est moins bien payés que chez McDonald's.»

«On s'attend à une réponse de la part de l'employeur, peut-être à des représailles. Mais à l'heure actuelle on a tous payé nos cotisations et on est tous syndiqués.»

Étant donné les faibles salaires des travailleurs, la Confédération des syndicats nationaux et la Fédération des travailleurs du Québec auraient refusé d'intégrer le nouveau syndicat, qui s'est finalement tourné vers l'Industrial Workers of the World (IWW).

Le Soleil a tenté en vain d'obtenir les réactions de la partie patronale. Celle-ci nous a renvoyés au siège social de Starbucks, à Seattle, où nous avons abouti dans une boîte vocale.

Rejetés par la CSN et la FTQ

Quand les employés du café Starbucks ont communiqué avec Industrial Workers of the World (IWW), ils ont rapidement obtenu un accueil favorable.

«Nous ne refusons personne. Notre principe est d'être un grand syndicat où tous peuvent être membres», a laissé entendre Andrew Fletcher, délégué chez IWW qui a soutenu la démarche des employés du café.

«L'expérience que l'on a acquise aux États-Unis, on va l'emmener au Québec. La semaine prochaine, un délégué américain de l'IWW viendra rencontrer les travailleurs. Chez Starbucks il y a beaucoup de roulement et les employés ne sont pas très bien payés. Nous pourrons leur offrir notre expertise sur des questions légales.»

Selon M. Fletcher, si la FTQ et la CSN ont refusé de prendre sous leur aile les employés du Starbucks de Germain-des-Prés, c'est qu'elles ont fait le calcul que cela ne leur rapporterait rien.

«Ces grandes centrales regardent le nombre de travailleurs à syndiquer et combien leur rapporteraient leurs cotisations par rapport à ce que ces travailleurs leur coûteraient. La grande différence, c'est que nous faisons tout ce travail bénévolement. Nous n'avons donc pas à faire ces calculs.

«Ce qui est intéressant pour nous, c'est que l'on vient de prendre racine ici. Nous pourrons à l'avenir essayer de syndiquer d'autres entreprises du même genre», conclut M. Fletcher.

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