Transport en commun: Labeaume garde le cap sur 2025

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Depuis l'abandon du projet de SRB, après la défection de la Ville de Lévis, le maire Labeaume a insisté sur l'importance de se positionner rapidement pour éviter que d'autres villes ne vident la caisse du fédéral.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le maire Régis Labeaume croit toujours possible de doter Québec d'un réseau structurant de transport en commun d'ici 2025, même s'il se donne deux ans pour planifier ce grand projet, qu'il faudra ensuite financer.

La précédente proposition de service rapide par bus (SRB), reléguée aux oubliettes, prévoyait qu'une première phase soit réalisée dès 2022 et l'ensemble complété en 2025.

En fin de semaine, le maire de Québec a prévenu qu'il faudrait deux ans à son administration pour élaborer un projet de remplacement, car il tient à explorer toutes les avenues proposées par les citoyens. Dans ce contexte, le nouveau réseau pourrait-il être accessible d'ici 2025? «Oui c'est possible, ça ne sera peut-être pas complété à ce moment-là, mais c'est très possible», a affirmé le maire lundi, en mêlée de presse avant le conseil municipal.

Pressé par l'opposition officielle et questionné par les journalistes, M. Labeaume a dû justifier son nouvel échéancier. Selon lui, il est primordial de vider tous les sujets amenés pendant la consultation publique sur la mobilité durable, toujours en cours.

«Ça va être un exercice où on va aller voir le monde constamment. Métro, on va dire comment ça coûte. Monorail, on va vous dire comment ça coûte. Voiture autonome, on va faire le point. On va répondre à tout. Quand on arrivera avec un projet, c'est parce qu'il va y avoir du gros bon sens, parce qu'on connaîtra le coût du reste, ce qui est techniquement faisable ou infaisable dans tout ce qui a été proposé. On tentera de faire un consensus, une proposition qui est intelligente», a expliqué le politicien, qui sollicite un nouveau mandat au scrutin de novembre.

M. Labeaume demeure persuadé d'obtenir sa part des 20,3 milliards $ du programme d'infrastructures de transport en commun mis sur pied par le gouvernement du Canada. «L'argent est là pour au moins dix ans. On a le temps», a-t-il affirmé lundi.

Depuis l'abandon du projet de SRB, après la défection de la Ville de Lévis, M. Labeaume a insisté sur l'importance de se positionner rapidement pour éviter que d'autres villes ne vident la caisse du fédéral. Il apparaît maintenant un peu plus patient. «Pour aller chercher de l'argent, ça prend un projet concret, pas juste sur un bout de papier. Ça prend un projet élaboré, expliqué, justifié et finançable. Le financement, il va toujours être aux alentours d'un milliard de dollars, moi je pense que je suis capable de le faire financer à 100 % par les deux gouvernements. Je suis assez confiant de ça», a-t-il développé.

Le maire s'est ensuite repris pour dire que son estimation n'était pas coulée dans le béton. «Si c'est moins, tant mieux. J'essaie toujours de me faire réserver un milliard $ quelque part au cas où», a-t-il précisé.

Critiqué par l'opposition

Avant et pendant le conseil municipal de la rentrée, la chef de l'opposition Anne Guérette a justement critiqué le maire Labeaume pour le temps investi dans la planification d'un réseau de transport en commun plus performant. 

«Après 10 ans au pouvoir, après 15 millions d'investissements en argent, après des consultations publiques, des plans de mobilité, des comités d'experts, il retourne en consultation. Il n'est pas capable de présenter sa vision dans le cadre des prochaines élections. Je pense que c'est une preuve qu'il y a eu un manque de vision, un manque de leadership. Il s'est trompé, il a changé d'idée, il est revenu, il recommence. On a tourné en rond pendant 10 ans, on a augmenté la circulation puis contribué à l'étalement urbain, diminué l'achalandage des autobus. C'est un constat d'échec total en matière de transport», a-t-elle martelé.

Dans ce contexte, Mme Guérette se demande comment le second projet de schéma d'aménagement et de développement de l'agglomération de Québec, aussi en consultation publique ces jours-ci, pourra être adopté. «C'est impossible d'arriver avec un schéma d'aménagement qui va tenir la route s'il ne peut pas se greffer à une vision claire du transport sur le territoire», a insisté la chef de Démocratie Québec.

Des logements dans la rue

La Ville de Québec a entériné lundi la vente d'une partie de l'avenue Charles-Huot, à Sainte-Foy, à un promoteur immobilier qui y construira des édifices à logements. Immeubles Logicom met ainsi la main, moyennant 445 000 $ plus taxes, sur 860 mètres carrés de cette rue résidentielle doublée d'un débarcadère. C'est l'équivalent de 516,90 $ du mètre carré. Le promoteur devra aussi déplacer à ses frais les conduites d'aqueduc et d'égout sur une distance d'environ 85 mètres. L'avenue Charles-Huot donne sur la voie de service du boulevard Laurier, non loin de l'intersection avec l'autoroute Robert-Bourassa et du siège social de la compagnie d'assurances SSQ. Pour réaliser son projet, qui devrait être complété en 2020, le constructeur devra démolir trois résidences unifamiliales.

Des questions sur Mallette

La chef de l'opposition Anne Guérette «s'interroge» sur le fait que la firme d'experts-comptables Mallette, présidée par Mario Bédard, décroche depuis plus de 15 ans le contrat d'audit des états financiers de la Ville de Québec. La conseillère municipale a posé des questions au conseil avant l'attribution d'un nouveau mandat couvrant les années 2017, 2018 et 2019. Mallette a soumis un prix plus élevé que Raymond Chabot Grant Thornton, mais obtenu un meilleur pointage pour la qualité de son dossier, ce qui lui a permis de décrocher le contrat pour 399 900 $. Le directeur général de la Ville, André Legault, a expliqué qu'un appel d'offres était préparé par le service des approvisionnements et qu'un comité d'évaluation évaluait les soumissions reçues en fonction de critères stricts. Le vice-président du comité exécutif, Jonatan Julien, a pour sa part fait valoir qu'il y avait peu de cabinets offrant leurs services de vérification financière aux municipalités. Il a néanmoins suggéré de discuter avec le Vérificateur général de la possibilité que l'associé de Mallette responsable du dossier ne soit pas toujours le même.

Bientôt des limites aux élargissements d'autoroutes

Après avoir annoncé l'ajout d'une voie de circulation sur l'autoroute Henri-IV lundi matin, le maire Régis Labeaume s'est montré sensible aux arguments de la direction de la santé publique, qui s'est positionnée contre les élargissements d'autoroutes. «Laurentienne, Robert-Bourassa, Henri-IV, ça n'avait pas de bon sens, deux voies. Il faut que ce soit trois de chaque côté, tout le monde s'entend là-dessus», a d'abord commenté le maire de Québec lors du conseil municipal tenu en fin de journée. Puis il a poursuivi : «Si vous lisez tous les rapports dans le monde, il va falloir se préoccuper de l'impact de la circulation et de la mobilité sur la santé. Il y aura des limites, un jour, à élargir les autoroutes.» Selon M. Labeaume, qui a toujours le projet d'élargissement de l'autoroute Laurentienne dans ses priorités et se dit favorable au prolongement de Félix-­Leclerc vers l'ouest, «il va falloir qu'on tienne ça en compte dans les décisions qu'on va prendre dans les prochaines années». Il n'a pas précisé quand exactement.




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