Traversiers de Tadoussac: rien de réglé entre le gouvernement et Davie

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Le gouvernement québécois espère prendre possession au début de 2018 des traversiers qui remplaceront le Jos-Deschênes et le Armand-Imbeau, mais il semblerait que des embûches persistent entre Québec et le chantier maritime Davie.

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(Québec) Le gouvernement du Québec est prêt à débourser deux fois plus que signé pour les futurs traversiers de Tadoussac et dit attendre une première livraison au début de 2018. Mais pour le constructeur, le chantier maritime Davie, il n'y a toujours rien de réglé.

Radio-Canada a révélé en début de semaine que le ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation (MESI) du Québec a repris des mains de la Société des traversiers du Québec (STQ) le contrôle du contrat - devenu un conflit - pour la construction des deux bateaux passeurs destinés à la traverse de Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine.

«Un groupe de travail gouvernemental, chapeauté par le MESI, et composé d'experts comptables et du domaine maritime, a été mis en place afin d'assurer la livraison des traversiers au moindre coût. Le groupe doit également tout mettre en oeuvre pour que la construction des navires respecte la livraison prévue en 2018», a confirmé Gabrielle Tellier, attachée de presse de la ministre Dominique Anglade. 

Celle-ci a également indiqué que le gouvernement considère, après réception de l'estimation indépendante commandée à une firme spécialisée, que les bateaux complétés auront une valeur de 250 millions $. Il est désormais prêt à payer ce montant. 

C'est le double de celui convenu par contrat et autorisé par décret gouvernemental en 2011. Les bateaux devaient être livrés à l'automne 2015, mais les retards se sont accumulés. Davie a réclamé davantage d'argent pour compléter les travaux, arguant des changements importants aux plans initiaux. Québec a remis 20 millions $ en mars 2016, puis accordé un prêt de 14,2 millions $ six mois plus tard, dans l'espoir d'obtenir ses traversiers. Sans succès. 

La reprise du contrat est un moyen de dénouer l'impasse, selon Mme Tellier. «Il y a eu des incompréhensions dans le contrat de départ entre les deux, la STQ et la Davie, qui ont fait en sorte d'en arriver à la situation actuelle. La ministre percevait bien que le conflit n'est pas en voie de se régler entre les deux», relate sa porte-parole. 

Avec 250 millions $ sur la table, le MESI estime être en mesure d'obtenir un premier bateau au début de l'année 2018. 

Prudence

Du côté de la Davie, l'heure est toujours à la prudence. «Comme Davie l'a mentionné à plusieurs reprises récemment, le chantier continue de négocier de bonne foi avec le gouvernement du Québec relativement à la situation des traversiers. Ces négociations progressent positivement et se poursuivent dans le but de compléter le travail sur les deux traversiers dans les meilleurs délais. L'échéancier de livraison fait partie des négociations», nous a fait savoir par écrit Stéphanie Desforges, de la firme de relations publiques et gouvernementales Tact Intelligence Conseil. 

Impossible de savoir si davantage d'ouvriers s'activent autour des deux navires au chantier maritime de Lévis. 

Pierre-Paul Desgagnés, ancien directeur des services maritimes de la STQ, n'en revient pas que Québec soit prêt à payer le double du prix convenu pour les traversiers jumeaux de Tadoussac. À son avis, la décision est purement politique et constitue une aide financière déguisée au chantier maritime Davie. «C'est un déshonneur de dilapider l'argent des citoyens comme ça. Qu'on dise la vérité si on veut renflouer la Davie au lieu de désavouer la STQ», s'insurge-t-il. 

Se portant à la défense de ses anciens collègues et du travail qu'il a lui-même accompli au début du projet, M. Desgagnés maintient que «ça n'a pas de sens qu'une compagnie d'opération maritime ne soit pas capable de faire construire ses bateaux». Selon lui, c'est un dangereux précédent. 

La porte-parole de la ministre Anglade défend l'investissement gouvernemental. «Les sous impliqués sont mis dans les traversiers. C'est ce qu'ils vont valoir au moment où ils seront prêts. Ce n'est pas une aide à la Davie», assure-t-elle.




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