Mur antibruit : une bataille gagnée, la guerre continue

Le ministère des Transports et la Ville de... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le ministère des Transports et la Ville de Québec entreprendront la construction d'un mur antibruit de 10 millions $ sur 2 kilomètres entre les boulevards de l'Atrium et Jean-Talon Ouest.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) La construction annoncée d'un mur antibruit de deux kilomètres le long de la Laurentienne ne freine en rien les riverains excédés par des années de grondement autoroutier. Leur recours collectif devrait être entendu cet automne au Palais de justice de Québec. Ils réclament à l'État plus de 100 millions $.

«Nous procéderons à la mi-octobre», annonce l'avocat des quelque 1100 participants, Michel C. Chabot, en entrevue avec Le Soleil. «On a un mois de prévu [en cour].»

Il se réjouit cependant que la Ville de Québec et le ministère des Transports se soient entendus afin de soulager les oreilles des locaux. «La grosse partie du problème se trouve réglée parce que mes clients voulaient un mur depuis 30 ans. Et là ils auront leur mur.» Les travaux de 10 millions $ seront finalement réalisés durant l'été 2018.

Mais l'édification de la muraille de bois et de roche entre les boulevards de l'Atrium et Jean-Talon n'arrêtera pas le recours collectif, prévient-il. L'avocat juge même que sa preuve sera facilitée parce que le gouvernement a admis que le niveau sonore aux abords de l'autoroute 73 est supérieur aux normes, d'où le financement octroyé. 

Reste toutefois à convaincre le tribunal que les plaignants doivent être indemnisés. Le groupe est convaincu que les années de «perte de jouissance des lieux» valent un chèque. 

Au téléphone, Me Chabot plaide sa cause. «On ne dit pas qu'il ne doit pas y avoir de bruit. On dit que le bruit est excessif.» Il vulgarise, illustre les dommages allégués : ne pas pouvoir utiliser la cour, y inviter des amis, parce que le bruit couvre les conversations; difficulté à ouvrir les fenêtres pour cause de pollution sonore, le jour comme la nuit... Ses experts ajouteront que le bruit est un perturbateur avéré puisqu'il trouble le sommeil, joue sur l'humeur, rend agressif. 

Depuis 2006

«On demande les dommages à partir de 2006», rappelle-t-il. L'avocat a fixé la barre à 10 000 $ par année par participant au recours collectif. La réclamation a donc allègrement franchi les 100 millions $.

Stratège, Me Chabot fait remarquer que le gouvernement devrait lui faire une offre d'entente à l'amiable. Sans quoi, l'État s'expose à une déferlante de recours collectifs si ses clients ont gain de cause, prétend-il. Des résidents d'autres municipalités suivent la cause de près, insiste le juriste d'expérience (47e année de pratique, compte-t-il).

«C'est une première. C'est la première fois que nous plaidons la pollution par le bruit dégagé par une autoroute. Il est certain que ça peut créer un précédent pour le ministère des Transports.»




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