La guerre aux autobus vides

Le maire Régis Labeaume a annoncé le retrait «dans les prochaines années» des... (Infographie Le Soleil)

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(Québec) Le maire Régis Labeaume a annoncé le retrait «dans les prochaines années» des gros autobus qui roulent pratiquement vides dans les secteurs moins denses, une réalité souvent utilisée pour critiquer le transport en commun. Ils seront remplacés par de plus petits autobus, des taxis collectifs ou Uber dans l'espoir d'un meilleur service à moindre coût. Le Soleil fait le tour de ces options.

1. Petits autobus

Le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a déjà passé une commande pour 24 midibus hybrides qui coûteront 20 millions $ et doivent être mis en service dans les quartiers centraux en 2018. Une option pour huit véhicules supplémentaires sera vraisemblablement exercée puisque le programme triennal d'immobilisations prévoit une autre livraison en 2019. 

Les midibus mesurent neuf mètres (30 pieds) de long et se retrouvent donc à mi-chemin entre le minibus et l'autobus standard. Comptant une vingtaine de places assises, ils ont l'avantage de circuler aisément dans les milieux urbains denses. Ils pourraient toutefois être facilement convertis aux banlieues éloignées où il y a moins de clients à cueillir. 

Roulant au diesel et à l'électricité, les bus de plus petit gabarit coûtent un peu moins cher à opérer. Les économies ne sont toutefois pas mirobolantes, car le salaire du chauffeur demeure le même, tout comme la routine d'entretien. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle ils n'ont pas été adoptés avant, à Québec comme dans le reste de la province. 

Un premier midibus doit être produit dès 2017 par le fabricant belge Van Hool, ciblé par le maire comme éventuel fournisseur des autobus biarticulés du défunt Service rapide par bus (SRB). Il sera testé dans les rues de Québec pour ajuster la production au besoin. 

2. Taxi collectif

Les taxis collectifs fonctionnent différemment selon la société de transport à laquelle ils sont rattachés. 

À la Société de transport de Montréal (STM), ils desservent des localités éloignées du centre-ville comme Baie-d'Urfé et L'Île-Bizard ou encore des parcs industriels. Des arrêts et des plages horaires sont identifiés, comme pour les autobus, mais le taxi ne passe que si un usager a prévenu de son besoin. 

Dans les Laurentides, des heures de passage sont déterminées, mais il faut tout de même réserver. Les commandes se prennent jusqu'à 60 minutes avant le départ. Si l'usager ne peut être au rendez-vous, il doit aussi le dire, à défaut de quoi il est passible d'une amende de 25 $. 

En taxi collectif, les clients sont souvent dirigés vers un point de correspondance avec une ligne régulière d'autobus ou vers la gare la plus proche du train de banlieue. Selon les cas, le paiement peut se faire en argent comptant ou avec les titres de transport courants, billets ou laissez-passer, donc au tarif habituel du bus ou du train. 

Le maire Labeaume a répété lundi qu'il souhaite développer une solution technologique sur mesure pour la Ville de Québec qui arrimerait les taxis collectifs ou Uber au futur réseau de transport en commun structurant (Service rapide par bus ou tramway). 

Lundi, il a toutefois refusé de dire comment il ferait son choix entre les deux modes de transport qui sont en concurrence et à couteaux tirés. «Je n'embarquerai pas là-dedans pour l'instant si vous le permettez», a-t-il esquivé, ajoutant que «ça bouge dans le taxi à Québec» et qu'il en est ravi. 

3. Uber

La municipalité d'Innisfil, en Ontario, est devenue à la mi-mai la première au Canada à conclure une entente avec la multinationale Uber pour offrir un service de transport en commun à ses quelque 37 000 habitants. Au lieu d'acheter des bus, de payer pour qu'on les conduise et qu'on les entretienne, le conseil municipal a jugé qu'il était plus avantageux de payer une partie du coût d'un transport sur mesure avec Uber. Une somme de 100 000 $ a été réservée pour le projet pilote d'une durée de six mois. 

La subvention municipale atteint 5 $ pour tout transport à l'intérieur de la municipalité, située à 80 kilomètres au nord de Toronto. Des tarifs forfaitaires variant entre 3 et 5 $ sont également proposés pour des destinations prisées comme le complexe récréatif et les stations de bus et de train du réseau régional GO Transit. 

Ce modèle existe déjà aux États-Unis et est aussi étudié dans l'ouest du Canada.  

À Québec, 26 % des courses Uber sont à sens unique, donc les utilisateurs comptent nécessairement sur un autre moyen de transport soit pour l'aller ou pour le retour. 

Jean-Christophe De Le Rue, porte-parole d'Uber au Québec, se montre réceptif à un partenariat avec la Ville de Québec. «En complétant le transport en commun, Uber désire contribuer à l'optimisation des réseaux de transport au Québec et à travers le monde afin de toujours mieux desservir les besoins des villes et de leurs citoyens. Nous demeurons ouverts et intéressés à dialoguer avec les intervenants intéressés», a-t-il fait valoir au Soleil lundi.

Pas de mouvement anti-transport collectif, dit Labeaume

Le maire Régis Labeaume conclut qu'il n'y a pas de mouvement anti-transport en commun à Québec après la tenue de quatre séances de consultation sur la mobilité durable, où autobus et automobile n'ont pas été mis en contradiction.

M. Labeaume refaisait lundi le bilan des rencontres de la semaine dernière. Partout, il dit avoir été en contact avec des citoyens réclamant plus de transport en commun. Le lobby pro-auto, lui, ne s'est pas pointé au micro.

Pour la journée de samedi, le maire de Québec a constaté une participation en dents-de-scie. La participation était faible en avant-midi à Neufchâtel, mais très forte à Sainte-Foy, malgré le beau temps. 

«Il y a des gens passionnés par ça, mais sur le terrain, il n'y en a moins qu'on pense. Il faut faire attention, il y a des haut-parleurs à Québec. Ça fait la preuve. Parce qu'à Neufchâtel, s'il y avait eu un mouvement anti-transport collectif, on l'aurait senti. Visiblement, ça n'existe pas ça. Ceux qui étaient là se plaignaient de la qualité du transport collectif. Ils n'ont pas dit qu'ils étaient contre le transport collectif. Ils se plaignaient de la qualité et ils ont bien raison», a fait remarquer M. Labeaume. 

Invité à développer sa pensée, celui-ci a à peine adouci sa conclusion : «Je fais attention parce qu'il y en a qui vont se décider d'être un mouvement à vingt. On a vu 750 personnes pis y'a personne qui a été dire que le transport collectif, ça n'a pas de bon sens. Mais on est rendus en 2017, tout le monde sait que ça prend du transport collectif. La question, c'est quelle sorte de transport collectif et quelle qualité on doit lui donner. Je pense que c'est assez clair.»

Depuis plusieurs semaines, l'élu municipal est agacé par la couverture des enjeux de mobilité faite par quelques radios privées. Il n'attaque pas les animateurs responsables de front, mais houspille les journalistes sur le terrain, leur reprochant un parti pris pour les automobilistes. 

«Je sais que vous essayez de faire des grosses cotes d'écoute avec ceux qui veulent éliminer les autos, c'est bien payant pour vous autres, mais c'est marginal. Vous le savez que c'est marginal. Vous en parlez beaucoup, mais c'est marginal», a-t-il répondu lundi à un journaliste radio qui lui demandait s'il envisageait de fermer le Vieux-Québec aux automobiles ou de leur retirer des voies comme certains citoyens l'ont suggéré la semaine dernière. «On ne lui donnera pas la chance de faire plus de cotes d'écoute là-dessus. C'est non la réponse», a-t-on fini par savoir.




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