Grondair Aviation crie mayday

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Au cours des dernières années, Grondair Aviation misait sur son école de pilotage pour former sa relève. Toutefois, depuis un an, l'équation n'est plus la même.

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(Québec) Les pilotes d'avion, une espèce rare? Pour Grondair Aviation, il semble bien que oui. Dépouillée de ses talents par les grandes compagnies aériennes, l'entreprise n'est plus en mesure de répondre à la demande et de respecter tous ses contrats. Cela se traduit par des pertes financières de centaines de milliers de dollars pour la saison estivale. Et rien n'indique que la situation s'améliorera, craignent les propriétaires.

Les temps sont durs pour l'entreprise basée à Saint-Frédéric de Beauce. Et la direction ne s'en cache pas. Les curriculum vitae, ils se font très rares.

Au cours des dernières années, Grondair Aviation misait sur son école de pilotage pour former sa relève. Toutefois, depuis un an, l'équation n'est plus la même. L'industrie réclame constamment de nouveaux cerveaux et les grandes compagnies aériennes se livrent bataille pour obtenir la poignée d'étudiants encore disponible. Au cours des 12 derniers mois, 25 pilotes de Grondair Aviation ont d'ailleurs été charmés par des géants du milieu.

«C'est un problème qui est présent depuis plusieurs années, mais encore plus depuis un an», s'inquiète Enrico Lessard, président de l'entreprise. «Les gens de la génération des baby-boomers qui ont été engagés par des compagnies aériennes, comme Air Canada, dans les années 60 partiront massivement à la retraite d'ici deux ans. Ces entreprises se retournent alors vers des compagnies de plus petite taille», poursuit-il. 

Pénurie de pilotes

Cette pénurie de travailleurs a entraîné un changement de paradigme dans le monde de l'aviation. Les responsables de Grondair Aviation indiquent que certaines compagnies aériennes ont aujourd'hui diminué leurs standards d'embauche pour combler leurs besoins en main-d'oeuvre. Par exemple, certaines entreprises exigeaient auparavant 4000 à 5000 heures de vol avant qu'une personne puisse être aux commandes d'un appareil. Maintenant, 1500 est le nombre requis. Pour devenir copilote, la personne devait avoir 1500 heures derrière la cravate. Aujourd'hui, les plus grandes compagnies aériennes recrutent des gens possédant 200 ou 300 heures d'expérience. 

«Ce sont des pilotes qui terminent leur formation professionnelle et commencent leur carrière. Les compagnies forment par la suite les employés. Avant, les pilotes devaient prendre de petits contrats comme nous avons pour augmenter leur nombre d'heures dans le ciel», explique le directeur du développement des affaires de l'entreprise, Jonathan Bolduc.

Actuellement, Grondair Aviation compte dans ses rangs une dizaine de pilotes dédiés au service de nolisement d'avion, une trentaine pour répondre aux contrats, entre autres avec la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) et la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM), et une dizaine qui oeuvrent comme instructeur à l'école de pilotage.

Contrat en péril

Pour cet été, en raison du manque de personnel, Grondair Aviation, qui possède une quarantaine d'avions, n'est pas en mesure de respecter l'un de ses 19 contrats avec la SOPFEU. Ils consistent à sillonner la province à la recherche de feux de forêt. Et s'il n'y a pas dans un avenir rapproché une hausse du nombre de pilotes, M. Bolduc craint ne plus pouvoir offrir un service adéquat dès l'an prochain.

«La licence de pilote canadienne est reconnue mondialement... (fournie par Grondair Aviation) - image 2.0

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«La licence de pilote canadienne est reconnue mondialement et le prix est très intéressant lorsqu'on compare le dollar canadien à l'euro», affirme Jonathan Bolduc de Grondair Aviation. Le prix pour suivre le cours est d'environ 50 000 $.

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«Certains contrats avec la SOPFEU demandent des pilotes avec 1000 heures de vol. C'est difficile aujourd'hui de trouver et garder des gens avec cette expérience», déplore-t-il. «Nous avons été forcés de prendre nos gens dédiés aux vols nolisés pour honorer nos contrats. Cela représente une soixantaine de vols nolisés en moins pour nous. C'est dommage, car ce secteur d'affaires représente 50 % de notre chiffre d'affaires», poursuit-il, invitant les gens à suivre la formation de pilote, car actuellement, le taux de placement est de 100 %.

Durant la période estivale, Grondair Aviation réalise en moyenne huit vols nolisés par semaine, principalement au Québec, pour un total d'environ 160. 

Actuellement, la majorité des étudiants - une soixantaine par année - de l'école d'aviation du groupe proviennent de l'extérieur du Canada. Chose que la direction aimerait changer pour voir également des gens de la province afin d'assurer la relève.

«Nous n'avons pratiquement pas de Québécois. C'est 80 à 85 % des gens qui proviennent de la Suisse, de la France, du Madagascar et du Sénégal. La licence canadienne est reconnue mondialement et le prix est très intéressant lorsqu'on compare le dollar canadien à l'euro», conclut M. Bolduc. Le prix pour suivre le cours est d'environ 50 000 $.

Selon une étude de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), il faudra doubler le nombre de pilotes d'ici 2030. En 2010, on dénombrait 463 000 pilotes à travers le monde, l'organisation estime qu'il en faudra au moins 980 000 en 2030 pour répondre à la demande.




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