Vols régionaux : 55 % plus cher au Québec

Les vols réguliers à Gaspé sont assurés par... (collaboration spéciale Geneviève Gélinas)

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Les vols réguliers à Gaspé sont assurés par une seule compagnie (Air Canada Jazz dans ce cas), une situation de monopole recensée dans les deux tiers des aéroports régionaux étudiés.

collaboration spéciale Geneviève Gélinas

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(Gaspé) Les Québécois paient 55 % plus cher que les autres Canadiens pour voyager en avion dans leur province. C'est la faute des monopoles en vigueur dans plusieurs destinations québécoises et des frais d'atterrissage élevés facturés par les aéroports régionaux, conclut une étude commandée par l'Union des municipalités du Québec (UMQ).

Les Canadiens des autres provinces paient en moyenne 0,77 $ par mille nautique pour voler entre leur métropole provinciale et leurs villes régionales; les Québécois déboursent 1,20 $.

Conséquence : les Québécois utilisent trois fois moins l'avion que leurs compatriotes du reste du Canada pour les vols intérieurs. «C'est la poule ou l'oeuf», résume le maire de Gaspé, Daniel Côté, président du comité sur les aéroports régionaux de l'UMQ. «Les entreprises disent qu'elles n'ont pas le choix de facturer, parce qu'il n'y a pas grand-monde. Mais il n'y a pas grand-monde parce que les billets sont chers.»

Au Québec, une concurrence existe entre transporteurs dans deux des six aéroports régionaux étudiés, soit le tiers. Ailleurs au Canada, cette concurrence s'observe plutôt dans quatre des six destinations considérées, soit les deux tiers.

Les aéroports québécois facturent en moyenne 307,93 $ pour l'atterrissage d'un Dash-8-300, comparativement à 263,50 $ ailleurs au Canada.

Autre facteur en jeu : l'Alberta, le Manitoba et la Colombie-Britannique n'appliquent pas la taxe provinciale sur les billets d'avion, contrairement au Québec.

Créer de la concurrence

«La solution, c'est de créer de la concurrence, croit Daniel Côté. Air Canada ne m'aimera pas. C'est eux qui ont le monopole presque partout où il y en a un. Mais si on fait débarquer un Porter ou un West Jet à Rouyn-Noranda, Sept-Îles ou Gaspé, le prix des billets va baisser.

«L'UMQ, les maires, ont pris le leadership. On va s'arranger pour aller rencontrer ces transporteurs et créer de la concurrence», ajoute le maire de Gaspé.

Quant aux frais d'atterrissage élevés, ils sont dus à «l'absence de soutien gouvernemental, dit M. Côté. «Dans les aéroports qui appartiennent au gouvernement du Québec, c'est gratuit d'atterrir. Sinon, ça appartient à des petites municipalités, à des petites MRC qui sont prises avec ça et qui ne peuvent pas faire de pertes.»

Le milieu municipal a besoin de l'aide de Québec pour moderniser les aéroports régionaux, mais aussi pour assurer leur entretien et la gestion courante, affirme M. Côté.

L'étude, menée par la firme Octant Aviation, a compilé les prix de 600 billets entre des liaisons comparables. 

L'UMQ se prépare au sommet sur le transport aérien régional, convoqué pour février 2018 par le gouvernement du Québec.




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